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  Cadillac Story

Cadillac – 100 ans sous le signe du style et de l'élégance


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  • Un principe: une ligne personnelle qui signe l'esprit de la marque

  • Des voitures marquantes: La Salle et les américaines extravagantes

  • Des partenariats: des noms aussi prestigieux que Pininfarina ou Bvlgari

A nouvelle époque, nouveau style; les prototypes Evoq, Imaj, Vizón et Cien redonnent à Cadillac sa place au sein des constructeurs au style affirmé. Première voiture de série reflétant le nouveau style de Cadillac, la CTS a été mise sur le marché américain au début 2002, soit 100 ans après que la première Cadillac, le Model A, franchisse les portes de l'usine en septembre 1902. “Cadillac s'est toujours démarqué par un style distinctif et annonciateur”, remarque Wayne K. Cherry, vice-président du design General Motors.

Les nombreuses innovations techniques se sont toujours abritées dans des carrosseries aux lignes racées, élégantes et futuristes. La ligne des modèles Cadillac indiquait la tendance et faisait évoluer la mode. “La ligne de la CTS reprend cette tradition, mais d'une autre manière. Elle est puissante et forte, tout en étant raffinée”, commente Wayne K. Cherry. La carrosserie de la berline sportive est marquée par ses lignes tendues, ses arêtes vives et ses volumes qui s'interpénètrent.

Une ligne très personnelle, qui vont lui valoir de figurer aux côtés de ses ancêtres dans le grand livre de l'histoire automobile. Cette histoire a été marquée par de nombreux modèles, au rang desquels on compte les élégantes La Salle des années 20 et 30, et les extravagants vaisseaux de la route de l'après-guerre, avec leurs incroyables ailerons. Les prototypes Cadillac – qui ont également une longue histoire – se sont toujours révélés intéressants. Ils annonçaient les lignes et les équipements techniques du futur.

Une classique: l'élégante La Salle (1927 – 1941)
Harley Earl (1893 – 1969) commença sa carrière en réalisant des chars romains et des « carrioles rococo » pour Hollywood. Il les faisait réaliser spécialement par le carrossier Don Lee. Après avoir débuté une carrière météorique en s'amusant, le Californien jamais à court d'idées a insufflé pendant des années à Cadillac son style futuriste et a inventé une référence absolue du design de ces années : l'aileron. En 1927, Earl avait conçu les élégantes La Salle Series 303. C'était la première fois qu'une voiture de série dessinée par un styliste était proposée sur le marché et elle marqua le début de la réputation de la ligne Cadillac. Avec son radiateur étroit et son avant fin, ce véhicule paraissait bien plus élancé que les grosses américaines un peu lourdes de cette époque. Elle était en plus proposée avec une peinture deux tons, une autre première. “Avant 1927, une Cadillac était une bonne voiture, solide et imposante”, notait David Holls (1931 – 2000), qui fut directeur du style GM et Opel. Earl a marqué une rupture: “Après 1927 les voitures sont devenues stylées et élégantes”.
La La Salle fut créée pour combler le trou existant dans la gamme General Motors entre les Buick, au prix attractif et les modèles de haut de gamme Cadillac. La marque s'est vite fait remarquer pour la modernité de son style et elle a eu une influence durable sur le style de la marque sœur Cadillac. En 1934, par exemple, Harley Earl donna naissance à une autre référence absolue avec les modèles Series 50; avec sa carrosserie ponton, ses roues à voile plein et ses détails stylistiques bien vus, comme les ouies rondes ornant le capot, le coupé cabriolet était franchement en avance sur son temps. Ce n'est qu'en 1941 que le dernier exemplaire des 205.000 La Salle quittait les chaînes de fabrication.
En 1927, Harley Earl créait le “Département Art et Couleur” avant de devenir le premier Vice-Président GM pour le design en 1940. Il s'agissait là du premier bureau de style indépendant d'un constructeur automobile. Une série de prototypes comme les modèles Le Mans 1953 porte sa signature et intègre des éléments de style que l'on retrouvera plus tard sur des modèles de série. En 1958, Earl se retira après plus de 30 ans de génie créatif au service de Cadillac et de General Motors.

Démesure et ailerons (1948 – 1964)
Les imposants vaisseaux de la route des années 50 et 60 portaient des noms comme Eldorado ou de Ville. Ces énormes Cadillac croulant sous les chromes représentent toujours pour la majorité des gens l'image de l'Amérique, au même titre que le hamburger, les cow-boys, le Coca Cola ou les westerns. Avec son assistant Julio Andrade, le chef du bureau de design Harley Earl avait inventé dès 1948 un élément de style capital: l'aileron. Inspirée par le dessin du chasseur Lockheed P-38 Lightning – Earl avait approfondi ses recherches en se rendant sur l'aéroport de Selfridge Field – la Cadillac Sixty Special fut le premier modèle à disposer des ailerons caractéristiques qui allaient profondément marquer les lignes de l'automobile pendant des années en Amérique et au-delà.

Le modèle 1948, premier dont l'aérodynamique ait été travaillée dans la soufflerie de la piste d'essai GM installée à Milford/Michigan, était encore doté d'ailerons relativement timides. Mais cette mode remporta un tel succès que certains concessionnaires choisissaient de placer la nuit leur modèle avec l'arrière côté vitrine. Ils allumaient alors les feux arrière pour donner aux promeneurs un meilleur rendu de ce nouveau détail fascinant. Les équipementiers ont même proposé des ailerons à rajouter sur les anciens modèles! Chaque année, les ailerons gagnèrent de la hauteur. En 1959, ils atteignirent leur point culminant (97 cm). Les ailerons des Cadillac étaient les plus imposants du marché américain, pointant à seulement 40 cm du pavillon. Et les feux en obus finissaient de compléter la pointe acérée des ailerons.

De son côté, le chrome envahissait tout. En même temps, les butoirs de pare-chocs ne cessaient de grossir. Ils furent bientôt surnommés  “Dagmars”, un nom qui faisait référence aux attributs voluptueux de Virginia Ruth Egnor (1921 – 2001), vedette de la série TV “Jerry Lester’s House Party.” A côté des “Dagmars,” l'Eldorado 1953 étrennait également le pare-brise panoramique et les visières de phares chromées (surnommées “visières d'officiers”).

Au delà des mers: partenaire depuis 1931 de Pininfarina
Au siècle dernier, si la Cadillac que vous trouviez chez votre concessionnaire ne vous convenait pas, vous pouviez en commander une « sur mesure » chez un carrossier. Une pléiade de carrossiers et de designers renommés ont signé une création ayant pour base une Cadillac; on trouve par exemple des noms aussi connus que Henri Chapron (France), Fleetwood (USA), Ghia (Italie), Gläser (Allemagne), Heuliez (France), Franco Sbarro (Suisse), Van den Plas (Belgique), Vignale et Zagato (Italie).

Un partenariat qui remonte maintenant à 70 ans avec un autre grand nom de la carrosserie – Pininfarina – a commencé comme un conte des mille et une nuits; en 1931 le carrossier italien Battista “Pinin” Farina avait conçu et réalisé un Spider de grande allure pour le Maharajah d'Orccha. Il l'avait doté d'un arrière de canot, et l'avait motorisé avec le V16 Cadillac 452. Trois prototypes furent réalisés entre 1958 et 1962 – le “Starlight,” le “Skylight” et le “Jacqueline”. Les premières commandes à plus grande échelle venues de Cadillac furent adressées à la firme de Turin en 1959 et en 1960, époque à laquelle Pinin Farina réalisa exactement 200 exemplaires d'une version super luxueuse de l'Eldorado Brougham, dont l'élégant dessin était également de son crayon. Les châssis arrivaient en Italie par bateau avant d'être réexpédiés terminés vers les USA.

Bien que cette fabrication ait exigé une logistique compliquée, l'opération fut renouvelée à plus grande échelle par les deux associés à la fin des années 80; Sergio Pininfarina, fils de Battista, dessina l'Allanté, un cabriolet deux places sportif et élégant que Cadillac avait décidé de fabriquer exclusivement en Europe. Cette fois, le transport se fit par “pont aérien”; des jumbo emportaient les châssis et plus de 100 éléments venus des Etats-Unis (depuis la planche de bord jusqu'au système de climatisation) jusqu'à Turin. La piste d'atterrissage de l'aéroport de Caselle dut être spécialement rallongée afin de pouvoir accueillir les 747. Pininfarina montait sa carrosserie sur ce châssis dans l'usine de San Giorgio et habillait luxueusement l'habitacle. Enfin, par contingent de 56 à la fois, les Allanté pouvaient s'envoler pour l'aéroport de Détroit. Ce procédé de production complexe parvint à produire plus de 22.000 Allanté entre 1987 et 1993. Le cabriolet – fruit d'un accord de coopération entre deux grands partenaires – est d'ores et déjà une classique très recherchée.

Plus récemment, Cadillac a travaillé avec les designers du joaillier italien Bvlgari, dont la production vise la même qualité et le même public que le constructeur de prestige américain. La planche de bord de l'étude de style Vizón fut un exemple évident de la qualité de cette coopération.

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