Rat des villes, rat des champs et reine des routes…
Marc Lebrun
Non satisfait du plaisir
ressenti à bord du Jimny Cabrio voici deux semaines à peine, notre
« accro du piston » a insisté pour réaliser l’essai de la Suzuki Grand
Vitara 2.0 TD.
Premières impressions recueillies à froid : « elle est plus grande… ».
Jusque là, il n’avait pas tort, mais faut-il avoir entamé de grandes
études pour s’en apercevoir ?
La motorisation de deux litres
diesel turbocompressé n’est pas une inconnue, puisqu’on la retrouve
(entre autres) sous les capots des Peugeot 307, 406 et 806 ainsi que sur
les Citroën Xsara et Evasion. Il s’agit en effet du moteur « 110 cv » de
chez PSA (qui n’en développe que 109 en réalité).
A l’usage, ce cœur battant se révèle plus sobre et plus performant que
son prédécesseur qui n’était autre que le turbo diesel 2 l de Mazda.
Afin de se définir un peu mieux
encore à mes yeux, l’accro du piston m’a susurré cette admirable
réflexion d’une profondeur philosophique inégalée : « Ben pourquoi
n’est-elle pas commercialisée directement par Peugeot ou Citroën alors,
ils n’en voulaient pas d’une Grande Vitara dans leur gamme eux ? »
Avec toute la patience qui me caractérise, j’ai tenté d’expliquer à mon
compagnon d’armes que la conception du véhicule était assurée par
Monsieur et Madame Suzuki, et que seule la motorisation était issue de
chez Monsieur et Madame Peugeot.
Et à en juger par le résultat final, je serais tenté à plus d’un titre
d’inciter Suzuki à plus s’investir dans cette gamme de véhicules, tant
l’ensemble est harmonieux et d’une excellente finition.
Bien que spécialiste du véhicule
compact depuis 40 ans déjà, Suzuki gravite pourtant ici avec une
excellence toute particulière dans un segment qui ne lui est pas
familier.
Pour preuve, l’espace arrière est loin d’être spartiate, il offre
confort et générosité à 2 voire 3 adultes.
Le Grand Vitara se révèle
maniable et tout à son aise dans la circulation urbaine, les autoroutes
lui conviennent parfaitement aussi puisqu’il franchit sans problème la
barre des 140 km/h. Mais son terrain de jeux favori demeure bien entendu
les champs, le sable, la boue et les terrains accidentés. C’est à se
demander pourquoi tant investir dans l’asphaltage des routes alors que
de tels véhicules pourraient fort bien se comporter tout en nous
amusant. A trop tracer les routes, on en oubliera les chemins de
traverse, avec leurs charmes et leurs ruisseaux, et qui plus est, on en
oubliera qu’un jour les 4x4 avaient pu exister…
L’équipement de série se veut,
lui aussi complet, et les instruments sont parfaitement agencés dans le
champ de vision, à portée de main ou de pied du conducteur.
L’incrustation des haut-parleurs arrières dans le toit atteste du souci
de finition apporté par la marque à son produit.
Sur la route, le Grand Vitara ne
nous a pas déçu, son comportement s’avère sain. La suspension reste
ferme tout en étant confortable. La direction se montre précise et le
freinage est endurant sur tous les revêtements. Le système de freinage
est en effet constitué de freins à disques ventilés à l’avant et à
tambours à l’arrière avec étriers primaire et secondaire. Un répartiteur
de freinage adaptatif régule la pression de freinage en fonction de la
charge sur l’essieu arrière.
En résumé, le Grand Vitara est
un véhicule plaisant aux yeux et plaisant à conduire. Il séduira sans
nul doute plus d’un amateur d’aventures, de loisirs ou tout simplement
l’usager professionnel qui discernera ici un véhicule polyvalent à plus
d’un titre.