Faîtes le savoir.
Content ou mécontent de votre voiture ?
Exprimez-vous >
Essai
Net
La Passat CC : le sex-appeal à la sauce VW
Mis en ligne le 17/09/2008 - Texte et
photos : Benoît PIETTE
Depuis
bientôt 25 ans, VW nous avait habitués à constater que ses
modèles "forcissaient" au fil des restylages : en somme, tout le
contraire des aspirations secrètes de nos charmantes compagnes.
Certes, il existe bien quelques exceptions notoires, mais d'une
manière générale, la tendance "grassouillette" se vérifiait.
L'utilisation de l'imparfait s'impose car après avoir lancé une
attirante Scirocco, voici que le département design de VW s'est
attaqué à la Passat en créant, à l'instar de Mercedes avec ses
séries CLS, une séduisante Passat CC à la ligne on ne peut plus
sexy. Quelle mouche donc a piqué la firme de Wolfsburg ?
Sa robe…
Présentée au salon de Genève 2008, la Passat CC pour "Coupé
Confort" inaugure pour VW ce concept inauguré par Mercedes avec
ses sublimes CLS. La voiture se présente comme un coupé mais à
quatre portes avec une habitabilité très correcte pour quatre
adultes. La banquette arrière se présente sous la forme de deux
sièges individuels séparés un accoudoir muni d'un compartiment
de rangement. Il n'y a donc pas de place pour un troisième
passager. Par rapport à la Mercedes CLS, la hauteur au toit des
places à l'arrière est plus élevée mais elles resteront justes
pour les personnes de plus de 1,85 m. Avec l'emplacement dédié à
la roue de réserve (absente sur notre modèle) le coffre offre un
volume de
535 dm³,
ce qui est intéressant. Cependant, il n'est pas haut et mais
profond, ce qui rend son fond difficile d'accès.
Sa
longueur et sa largeur sont environ 3 cm supérieures à la Passat
Classique tandis que le toit a été rabaissé de 5 cm. Comme sur
tout coupé qui se respecte, les vitres latérales n'ont aucun
encadrement. Notre CC était équipée d'un large toit panoramique
en verre qui peut s'entrebâiller électriquement sur 3 cm.
Celui-ci est pourvu d'un déflecteur anti-courant d’air dont la
position varie en fonction de la vitesse. Par rapport au modèle
classique, l'habitacle a été redessiné entièrement. La plage
arrière bénéficie (ô raffinement !) d'un store pare-soleil
arrière électrique qui se déploie d'une manière moins
spectaculaire que celui proposé par Mercedes dans les CLS. Comme
dans la majorité des coupés, la visibilité par la lunette
arrière n'est pas fameuse et l'on se réjouit de la présence
d'une aide par radar lors des manœuvres de stationnement.
Ses dessous…
Pour
la belle, Volkswagen ne propose que des moteurs à injection
directe[1],
que ce soit en diesel ou en essence. Notre essai s'est déroulé
avec la version 2 l TDI à rampe commune de 103 kW/140 ch. avec
boîte de vitesses manuelle à 6 vitesses. Pour cette version
diesel, une boîte automatisée DSG à 6 vitesses est
prévue
dans la liste des options. Comme d'habitude chez VW Belgique,
une version fiscalement plus intéressante de 100 kW/136 ch. de
ce même moteur sera également proposée.
Depuis son passage à la rampe commune, le 2 l TDI a bien changé
en terme de bruits et c'est heureux : imaginez un peu ce
splendide coupé rouler nonchalamment à Knokke le Zoute avec une
sonorité aussi délicate que celle émise par un tracteur Mann en
plein labourage…
La
rampe commune prodigue à ce 2 l une discrétion de bon aloi
seulement troublée lors des montées en régime. Ses reprises sont
tout à fait sympathiques avec en prime une consommation très
mesurée. Pour le peu que l'on adopte une conduite coulée, il est
facile de rester entre 5 et 6 litres au cent et ce, dans une
ambiance raffinée et dans un silence remarquable.
Sa tenue (de route)…
Grâce à ses voies élargies et sa ligne plus basse, son
comportement routier est encore plus sain que la Passat
Classique. Elle reste rivée sur la route et les mouvements de sa
caisse sont presque inexistants. Sa silhouette basse lui permet
de rester insensible aux vents traversiers. Cependant, sa
direction s'avère moins vive et tranchante que sur une Peugeot
407 ou une Mazda 6. Sur notre exemplaire, le volant était
dépourvu
de toute instrumentation rapportée comme le réglage de
l'autoradio et le "cruise control" découvert par hasard sur une
manette placée en bas à gauche…
En
revanche, notre Passat CC disposait du "Dynamic Drive Control"
qui permet d'adapter le comportement du véhicule à l'état de la
route par une gestion adaptative de sa suspension. Trois modes
sont proposés : Sport, Normal et Confort. Vu la philosophie du
véhicule, la position "normal" est déjà très satisfaisante, la
position "confort" l'améliore encore pour les longs trajets
autoroutiers.
Pendant cette prise en main, jamais l'ESP ne s'est manifesté,
preuve s'il en est, de l'excellence de son comportement routier.
De prime abord, son freinage puissant se remarque, mais il est
rassurant en diable et on s'y habitue bien vite.
Qu'en retenir ?
Etonnante à plus d'un titre, cette voiture propose le look d'un
coupé sans l'être vraiment. Les stylistes de VW démontrent ainsi
qu'il ne faut pas nécessairement passer les Alpes pour dessiner
des carrosseries aux
lignes
sensuelles.
Cette voiture est une voiture passion : l'importateur en
Belgique constate que les premières versions disponibles se sont
arrachées même si les modèles proposés étaient pour la plupart
des versions "essence". Cela tente de démontrer que Mercedes a
vu juste en créant cette nouvelle niche, celle de la berline
coupé. Cette Passat CC est ravissante, mais elle ne remplacera
jamais la berline dont elle dérive car son habitabilité reste
mesurée et a été sciemment limitée à quatre adultes… bref, un
peu comme la VW Fox ! Vu sa ligne aguichante, il y a fort à
parier que nous en croiserons plus sur nos routes que cette
dernière !
[1]Les versions à essence 1,8 et 2 l TSI et 3,6 l FSI
développent respectivement 118 kW/160 CV, 147 kW/200 CV et
220 kW/300 CV ; quant aux diesels 2 l TDI à rampe commune,
ils affichent 103 kW/140 CV et 125 kW/170 CV.