Après
la pâle Vectra, voici qu'Opel lance l'Insignia avec pour but avoué une
place parmi les meilleures berlines du marché. En a-t-elle l'étoffe ?
Effectivement, car les journalistes l'ont plébiscitée en la déclarant
"Voiture de l'année 2009" !
Une ligne superbe et un
équipement de pointe
Opel ne nous avait pas habitués à ces lignes aussi
fluides et élancées. Que ce soit en berline quatre portes ou en break (appelée
Sport Tourer), l'élégance et le dynamisme restent de mise. Les spécialistes ne
se sont d'ailleurs pas trompés en attribuant pour la quatrième fois à la
firme de Rüsselsheim le prix "Red Dot"
récompensant la société qui a fait preuve de modernité dans son design. A
l'intérieur, la finition est remarquable et les commandes particulièrement bien
placées. Dès le premier niveau de finition, on retrouve un équipement audio avec
fonction MP3 et entrées AUX et USB, un ordinateur de bord, une climatisation
électronique et un régulateur de vitesse avec commande au volant.
A l'arrière de la console centrale on découvre même
une prise 230 V (max. 150 W). Comme d'habitude chez Opel, les sièges sont fermes
mais confortables, ils maintiennent très bien le corps grâce à de
nombreux
réglages dont un déplacement longitudinal de 27 cm assez peu
commun. En version Sport, l'assise des sièges est également ajustable.
Hélas, cette ligne fluide pose un problème aux passagers arrière de plus de 1,80
m : il faudra donc opter pour le Sport Tourer, ce qui est d'ailleurs la
préférence de près de 40 % des commandes enregistrées en Belgique.
En version Cosmo, l'Insignia se voit dotée d'une
climatisation bizone avec capteur d'humidité, d'un pare-brise athermique, de
rétroviseurs extérieurs rabattables électriquement, d'un capteur de pluie
particulièrement sensible ainsi que de phares automatiques ACL.
Ces derniers peuvent être proposés avec des projecteurs AFL+
qui sélectionnent automatiquement l'éclairage le plus adapté suivant les
conditions de circulation. Cette adaptation s'effectue en fonction de différents
paramètres comme la vitesse du véhicule, le balayage des essuie-glace et le
braquage des roues. En outre, jusqu'à 40 km/h, un éclairage statique
complémentaire balaye une zone à droite ou à gauche du véhicule : très utile la
nuit, dans les carrefours ou les rampes d'autoroutes mal éclairés. Et enfin, l'AFL+
est également doté d'un éclairage de jour à DEL en forme de… chevron (cherchez
l'erreur !)
Pour propulser cette berline, Opel n'a retenu - dès
son lancement - que des moteurs répondant aux normes Euro V.
En terme de sécurité, l'Euro NCAP lui a décerné
cinq étoiles pour la protection des
occupants, et quatre étoiles pour la protection des enfants. Avec mention
spéciale pour la qualité de ses appuie-tête.
A son volant
Deux Insignia été mises à la disposition de la
rédaction : une berline 2.0 CDTI 130 ch. quatre portes et
une
Sport Tourer propulsée par un moteur essence de 1600 cm³ Turbo de 180 ch.
La sellerie de la berline CDTI de cuir clair et de
plastic brun foncé est très flatteuse, seul bémol : la planche porte chapeau de
couleur clair se reflète sur la lucarne arrière.
Ce qui frappe d'emblée à son volant, c'est une
direction très vive qui donne une agilité assez peu commune pour un vaisseau de
4,80 m et de plus d'une tonne et demie. La suspension offre un excellent
compromis entre confort et tenue de route. La boîte de vitesses est ferme mais
les six rapports s'engagent facilement. Grâce à un couple de 300 Nm de 1750 à
2500 rpm, ce moteur répond déjà très bien sous les 2000 rpm. Un peu caverneux à
froid et en charge, il sait se faire oublier sur autoroute où les 120 km/h sont
déjà atteint à moins de 2000 rpm en 6ème
vitesse…
Avec un réservoir de 70 litres, l'autonomie dépasse largement le millier de
kilomètres. Lors de notre essai qui s'est déroulé principalement sur routes et
autoroutes avec toutefois quelques incursions citadines, la consommation n'a pas
dépassé les 5,8 l au cent km, ce qui est remarquable.
D'après les statistiques d'Opel Belgium, le CDTI 130ch. est de loin la
motorisation la plus demandée (à remarquer que 90 % des Insignia immatriculées
sont des versions avec moteur diesel).
Le
FAP est évidemment prévu. Le témoin du préchauffage s'allume quand celui-ci est
en fonctionnement.
En ce qui concerne le Sport Tourer
1,6 Turbo, il est évident que les sensations de conduite sont d'un autre ordre.
L'exemplaire mis à notre disposition disposait d'un châssis "FlexRide" (AST)
permettant au conducteur de choisir entre trois modes de conduite : le mode
"Normal" (par défaut), le mode "Sport" offrant une suspension et des
amortisseurs plus durs, une pédale d'accélération plus réactive et une direction
plus ferme et enfin, le mode "Tour" défini pour une conduite plus "sénatoriale".
A noter que les paramètres du mode "Sport" peuvent être personnalisés via
l'ordinateur de bord. Ce mode est identifiable par l'éclairage rouge de
l'instrumentation du tableau de bord. Pour les avoir expérimentés tous les
trois, il est indéniable que le mode "Sport" offre un dynamisme accru à l'Insignia,
mais l'augmentation de la consommation de cette version essence a modéré notre
enthousiasme. Pour notre part, nous n'avons finalement retenu que l'option
"direction"…
En outre, notre modèle disposait de l'option "Park Expert" qui permet
de repérer tout en
roulant les emplacements de stationnement susceptibles d'accueillir le véhicule.
Une fois celui-ci localisé, des signaux
s'affichant
sur le tableau de bord donnent les instructions de braquage pour guider la
manœuvre via une dizaine de capteurs répartis sur les pare-chocs avant et
arrière. Ce système n'a pu être expérimenté suffisamment pour en donner un avis
probant. Cependant, il est intéressant de noter que ce système permet de
dénicher des lieux de stationnement qui ne font qu’un mètre de plus que la
longueur du véhicule… Compte tenu des 4,90 m du Sport Tourer, ce système n'est
peut-être pas à négliger mais il vous en coûtera 700 EUR…
Avec 540 dm³, le
volume de chargement du Sport Tourer n'augmente que de 40 dm³ par rapport à la
berline quatre portes et seulement dix malheureux dm³ par rapport à la berline
cinq portes. Avec la banquette arrière rabattue, le volume dépasse le mètre
cube, et ce, quelle qu'en soit la version. Le hayon du Sport Tourer permet
néanmoins un chargement plus aisé. D'autre part, quand celui-ci est ouvert, des
répétiteurs des feux arrière sont logés dans les montants latéraux, ce qui est
pratique lors de chargement ou déchargement dans des lieux mal éclairés.
A la fin de son essai,
la consommation s'est stabilisée à 8,3 l aux cent kilomètres, ce qui est peu,
compte tenu des 180 ch. délivrés, mais ce qui n'est quand même pas rien au
regard de sa cylindrée (1598 cm³).
En conclusion
Une ligne à couper
le souffle, un équipement de haute technologie et des consommations modérées ont
été
certainement les éléments qui ont permis à la presse spécialisée de l'élire
"Voiture de l'année 2009"… et franchement, nous ne lui donnons pas tort.
Pour notre part, nous avons été conquis par sa tenue de route qui n'a plus rien
à voir avec sa devancière, l'insipide Vectra.
Depuis son lancement, près de 4000 immatriculations ont déjà été enregistrées en
Belgique. Tenant compte de la crise actuelle, c'est prometteur !
Tout porte à croire qu'Opel en fera son porte-étendard.
"Automatic
Lighting Control" dans le jargon de la GM.
Adaptative Forward Lighting (option choisie par deux conducteurs sur cinq)
En 1924, la première Opel "Laubfrosch" (la rainette) ressemblait très fort à
la Citroën 5HP…
Depuis le 01 septembre 2009, tous les nouveaux modèles commercialisés en
Europe doivent répondre aux normes Euro 5 plus sévères. Pour les modèles
commercialisés avant cette date, leur conformité devra intervenir avant le 1er
janvier 2011
Adaptative Stability Technology (option choisie
par un conducteur sur cinq)
Nos précédents essais sont disponibles
ICI
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