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Le
Nissan Juke, vous avez dit décalé ?
Texte & photos : Benoît PIETTE
Vous souvenez-vous des Bluebird, Cherry et autres
Sunny du siècle dernier ? Par leur style on ne peut plus banal, il y a belle
lurette qu'on a oublié leur ligne. Mis à part la légendaire Datsun 240Z et sa
descendance de plus en plus épicée, il ne subsiste que peu de souvenirs vivaces
de cette période aux designers moroses… Depuis lors, Nissan a vraiment changé :
fini ces véhicules austères au design insipide, la place est à la recherche de
l'inédit quitte à déranger un peu les us et coutumes de l'industrie automobile.
Le grand méchant look
Après la "Cube" qui ressemble à un jouet Playmobil® pour
adulte, voilà que Nissan s'attaque au segment des petits SUV de ville. A côté
d'un Toyota Urban Cruiser ou d'un Kia Soul, on ne peut pas dire que le Juke fait
dans la discrétion. Le Soul avait déjà une allure d'extraterrestre, mais à côté
d'un Juke, il passe presque inaperçu…
Avec son apparence de SUV, il est
difficile de ne pas se faire remarquer sur les boulevards, même si sa longueur
hors tout n'est que de 4,14 m, il en jette : ses grosses jantes chaussées de
pneus larges et sa garde au sol élevée lui donne le statut de "baroudeur
d'asphalte"...
Cette allure est assurée par des élargisseurs d'ailes, des
bas de caisse servant de protections de soubassement ainsi qu'une carrure
athlétique soulignée par des feux arrière inspirés - paraît-il - par la 370Z.
A l'avant, on découvre une calandre étrange où deux paires de phares ronds
et rapprochés sont noyés dans un bouclier d'aspect robuste qui se prolonge par
un protège-carter percé de trous destinés à l'admission d'air. En outre, les
feux de position et les clignotants avant sont placés singulièrement de part et
d'autre du capot.
Sa partie supérieure n'est pas du reste : il y a même
un effet "coupé" accentué par le rétrécissement des vitres latérales arrière. De
même, les poignées de portes sont dissimulées dans les encadrements à la manière
de certaines Alfa Romeo. A l'arrière un hayon permet de découvrir un petit
coffre. En y ajoutant le volume du compartiment de sol logé sous le plancher, la
contenance n'est que de 251 dm³… Cependant; dossiers arrière rabattus, on
atteint un volume presque raisonnable de 550 dm³ avec cependant, un plancher
totalement plat.
'intérieur est dans le même tonneau : très travaillée,
son design est très moderne. La forme de la console entre les sièges des
passagers avant fait songer à un réservoir de moto d'où émerge le levier du
changement de vitesses. D'un maniement aisé, ce dernier compte six rapports.
Dans la même inspiration, les deux compteurs font penser aux compteurs
traditionnels que l'on retrouve sur les deux roues. Les sièges sont fermes mais
maintiennent bien le corps. La place y est suffisante pour quatre adultes… avec
très peu de bagages.
Le Juke possède les trois niveaux finitions
traditionnels de Nissan, à savoir Visia, Acenta et Tekna. Notons aussi que
toute la gamme Juke est d'office équipée de l'air conditionné, des vitres
électriques AV/AR, d'un autoradio lecteur de CD avec prise jack auxiliaire et,
au niveau de la sécurité, de six airbags. L'ESP est proposée en série.
La
finition haut de gamme Tekna, inclue le " Nissan Dynamic Control System "
(NDCS). Ce système propose une interface à trois réglages : Eco, Normal et Sport
qui influe sur la cartographie du moteur, la direction ainsi que sur la
climatisation (!). D'autres fonctions plus "gadget" sont également offertes
comme un accéléromètre, un récapitulatif des consommations enregistrées
précédemment etc…
En Belgique, trois moteurs conformes aux normes Euro 5
sont disponibles : un Diesel 1.5 dCi 110 ch. d'origine Renault et deux unités
essence de 1.6 l de respectivement 117 ch. et 190 ch (DIG-T). Ce dernier, qui
développe un couple respectable de 240 Nm, répond au doux nom de MR16DDT. Il
dispose de l'injection directe associée à un turbo. Cette combinaison lui permet
de rivaliser en puissance avec des moteurs d'une cylindrée nettement supérieure.
Cette version "locomotive" peut également recevoir une transmission 4x4 pourvue
d'un convertisseur de couple avec blocage. Au niveau de la sécurité, le Juke
s'est vu récemment décerner cinq étoiles aux tests Euro NCAP. Il a obtenu 87 % à
l'évaluation de la protection des adultes et 81 % aux tests consacrés à la
protection des enfants.
Nous avons pu faire l'essai d'une version dCi
110 ch. et de la version 1.6 DIG-T de 190 ch. à boîte de vitesses manuelle à six
rapports. Ces deux voitures disposaient du Nissan Connect qui est un système
multimédia intégré (musique, téléphone et navigation GPS) avec un écran tactile
de 5" couplé à une caméra de recul (800 EUR).
Amusante à conduire mais elle
peut aussi faire peur…
Conçus sur base de la plate-forme B de l'Alliance Renault-Nissan (Nissan
Versa/Tiida, ou Renault Clio) les Juke traction avant
disposent de suspensions à
jambes de force McPherson à l'avant et à essieu de torsion à l'arrière. Le
volant, bien que non ajustable en profondeur, donne une direction très précise,
mais son ressenti manque un peu de naturel. Malgré la hauteur de ce crossover,
le roulis est pratiquement inexistant. Mais cette absence se paye évidemment par
une suspension sèche et des trépidations sur certains revêtements rugueux.
Ainsi armée, la version diesel jouit d'une excellente agilité qui n'est pas
très courante sur ce genre de véhicule où l'apparence est surtout recherchée
parfois au détriment de la conduite... Hélas, cette nervosité se paye à la pompe
: certes les six rapports rapprochés permettent une conduite énergique et des
reprises à l'envi, mais la consommation s'en trouve pénalisée d'autant plus que
le réservoir ne contient que 46 malheureux litres de carburant. Après un galop
d'essai de presque 500 km où la ville a été surtout privilégiée, le Juke dCi a
consommé 6,6 l aux 100 km. Notons également que le mode Eco proposé par le NDCS
n'affecte que de manière très subtile celle-ci.
En revanche, sur la
version 1.6 DIG-T, le NDCS procure bel et bien des différences substantielles.
En mode normal, le Juke donne déjà d'excellentes accélérations… qui deviennent
franchement démoniaques en mode sport… les consommations aussi d'ailleurs !
La conduite dynamique en mode sport peut s'avérer très acrobatique et exiger
des qualités de pilotage car le train avant fait difficilement passer les 190
bourrins qui piaffent d'impatience dès 3000 rpm. En conduite dite "vive", même
en deuxième vitesse, le train avant cherche encore son chemin ! Pourtant,
quelle vivacité !
Cependant, la vigilance doit rester de mise car le
train arrière peut facilement un peu trop se délester si on n'y prend pas garde…
Il faut aussi savoir qu'à 3000 rpm en sixième, le Juke roule pratiquement à 120
km/h… attention donc aux démangeaisons "répréhensibles" du pied droit !
Quant au mode Eco, il étouffe de manière insolente le moteur à un point tel
qu'il en devient amorphe. En revanche, il permet de contenir la consommation
dans des limites très convenables. Au terme d'un parcours assez varié, celle-ci
s'est révélée très raisonnable eu égard à la puissance disponible (8,5 l / 100
km). Assez étonnamment, le Juke cultive la discrétion quant au mode de
propulsion choisi : seule l'inscription "Pure Drive / dCi" apparaît sur la
version diesel.
Un succès ?
Oui, on peut le dire : avec 32.000 ventes réalisées en
l'espace de cinq mois, le Juke peut déjà prétendre être un succès commercial.
Evidemment en Belgique, la version mazoutée sera nécessairement la plus choisie.
A partir de 18.150 EUR, c'est aussi la version la plus équilibrée… pour autant
que le kilométrage annuel soit suffisant au sinon, pour 1600 EUR en moins, une
version 1,6 essence à 117 ch. s'offre déjà à vous.
Quant à la version 1.6
DIG-T, il vous faudra débourser un peu moins de 22.000 EUR, les PV pour excès de
vitesse n'étant pas compris dans ce montant…
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