|
La Mégane 3, la sagesse de l'âge adulte ?
Mis en ligne le 09/04/2009 - Texte &
photos : Benoît PIETTE
Après
l'inoxydable Renault 19, la Mégane s'est imposée sur nos routes
comme une valeur sûre, sa large diffusion en est la preuve. En
examinant cette nouvelle mouture, nous pourrions faire un
parallèle avec les âges de l'homme : après l'enfance sage de la
Mégane 1, la puberté exubérante de la Mégane 2, apparaît l'âge
de raison avec la Mégane 3…
Consensuelle ? Peut-être, mais…
Après les affres de l'adolescente Mégane 2, la Mégane 3 paraît à
première vue trop raisonnable : d'aucuns diront même qu'elle
manque de personnalité mais ce n'est qu'une apparence ! Certes,
sa ligne est plus conventionnelle, mais quelques nervures
discrètes font ressortir une recherche stylistique évidente dont
la découpe des phares en est d'ailleurs une expression majeure.
Avec une longueur de 4,30 m et des porte-à-faux avant et arrière
très courts, cette berline à cinq portes se place dans la
mouvance actuelle des voitures du segment C.
Quant à la nouvelle Mégane Coupé, son style est naturellement
plus affirmé : sa calandre est dotée d’écopes latérales chromées
dont le dessin se prolonge par les projecteurs. Cela confère au
coupé une identité beaucoup plus tranchante malgré des
dimensions et un poids pratiquement identique à la berline. Un
pare-brise incliné et un pavillon plongeant équipé d’un becquet
de hayon, accentuent encore la dynamique de sa silhouette dont
la hauteur a été abaissée de presque 5 cm par rapport à sa
grande soeur à cinq portes.
La visibilité par la lucarne arrière n'est pas la meilleure de
la catégorie, surtout si les appuie-tête sont rehaussés. Contre
toute attente, la visibilité latérale du coupé est meilleure que
pour la berline, car vu la
longueur
de la portière, l'épais montant B est fortement rejeté à
l'arrière, ce qui n'est hélas pas le cas pour la berline à cinq
portes.
Dans le coupé, l'accès arrière exige une certaine souplesse,
mais une fois installé et pour peu que l'on mesure moins de 1,85
m, on est étonné par la place offerte même si les petites vitres
arrières "confinent" un peu.
L'intérieur de l'habitacle découvre une planche de bord moderne
et bien assemblée qui bénéficie d’un revêtement souple au
toucher. Les commandes tombent bien en main et se concentrent
autour et sur le volant ainsi que sur la console centrale. Le
bloc compteur est protégé par une casquette. Son design
interpelle : l'affichage de la vitesse est digital avec des
secteurs colorés en vert ou en rouge quand le régulateur de
vitesse est enclenché. Il possède également une visualisation
analogique du niveau du réservoir (60 litres) et de la
température d'eau. C'est à la fois innovant et déroutant ! Pour
notre part, nous aurions préféré une présentation plus
conventionnelle avec aiguilles. L'ordinateur de bord est facile
d'accès et indique les fonctions habituelles : consommation
moyenne et instantanée, autonomie etc… Toutefois, quand on
arrive à la réserve de carburant, un témoin s'allume… et
l'autonomie n'est plus disponible, ce qui est déconcertant, car
c'est bien à ce moment là qu'il est utile de la connaître !
Le système de navigation Carminat intègre trois composantes : le
GPS, la radio CD compatible MP3 et la
commande
mains libres de téléphone Bluetooth®. Dans les versions haut de
gamme, le joystick de commande peut être implanté au centre de
la console centrale. La radio est raccordée à une antenne
intégrée à la lunette arrière, dommage qu'elle soit placée si
bas. Le logement de l'écran de navigation au centre de la
planche de bord manque de classe : quand celui-ci fait défaut,
il est remplacé par une casquette centrale, évidemment plus
petite, mais ô combien plus esthétique !
Le régulateur/limiteur de vitesse est intégré au volant. En
revanche, son bouton de mise en activité se situe à l'arrière de
la console centrale, donc en dehors de la vue du conducteur.
Contrairement aux marques non-hexagonales, celui-ci indique sur
le tableau de bord la vitesse programmée, ce qui est un plus.
Les rangements sont nombreux et ceux des portières sont
particulièrement volumineux. La console centrale intègre un
espace de rangement sous un accoudoir hélas non coulissant vers
l'avant et par conséquent peu utilisable. Qu'elles soient
berline ou coupé, les nouvelles Mégane proposent un intéressant
volume de coffre avec respectivement 405 et 377 litres. Il faut
toutefois déplorer l'étroitesse du hayon du coupé, mais quand le
style est roi…
Selon
l'équipement, la Mégane peut disposer d’une carte d’accès et de
démarrage mains libres avec verrouillage automatique. Ce système
peut être intéressant mais son absence n'est pas vraiment
rédhibitoire… Au contraire du radar de recul qui, vu l'exiguïté
de la lucarne arrière, s'avère indispensable, surtout sur le
Coupé.
Sur certaines versions, on retrouve une climatisation
automatique bi-zone proposée avec trois modes de ventilation :
Soft, Auto ou Fast. A noter en passant que sur la climatisation
manuelle, l'épaisseur des boutons de réglage cache partiellement
les symboles au conducteur.
Au niveau sécurité, qu'elle soit passive ou active, la Mégane 3
peut voir venir : le score de cinq étoiles réalisé aux tests
Euro NCAP est tout à fait éloquent…
Au volant
Ce qui frappe d'emblée à son volant, c'est la direction à
assistance électrique qui paraît désincarnée. Certes, il y a une
amélioration sensible par rapport à sa devancière, mais malgré
sa bonne précision, l'impression d'inconsistance subsiste
encore. Les freins sont puissants et endurants, l'ABS et l'aide
au freinage d'urgence étant de série. Le maniement de la boîte à
six vitesses est très plaisant et meilleur que la boîte à cinq
vitesses qui peut accrocher. Que l'on soit dans le coupé ou la
berline, la position de conduite est agréable, les sièges sont
fermes mais maintiennent bien le corps. La suspension du coupé
est plus "allemande" que la berline.
Dans
toutes les versions, le silence est bien réel sauf dans la
version essence 1,6 16v 110 ch. à cinq vitesses où apparaît une
méchante résonance à partir de 117 km/h soit environ 3400 rpm.
Le choix des moteurs diesels est varié et correspond à tous les
styles de conduite. Les 1.5 dCi 85 ch. et dCi 105 ch. sont à
présent complétés par les dCi 90 ch. et dCi 110 ch. avec filtre
à particules (FAP). Cependant, il faut avouer que dCi 85 ch. et
son homologue FAP sont un peu à la peine sur les parcours
accidentés ou en reprises, mieux vaut donc choisir les versions
105 ch ou 110ch. FAP qui par ailleurs, consomment tout aussi
peu, à savoir entre 5 et 6 litres au 100 km. A noter que toutes
ces motorisations émettent moins de 120 g de CO2/km. Quant au
nouveau moteur 1.9 dCi 130, il est particulièrement rond et
agréable à utiliser, celui-ci n’émet que 135 g de CO2/km et sa
consommation moyenne frise les 6 litres au cent km.
Quant aux deux moteurs à essence, ils évoluent en bas et en haut
de la gamme des Mégane : on y trouve un 1.6 16v 110 et un 2.0
Tce 180. Le 1600 cm³ ne démérite pas pour autant : à défaut
d'être coupleux, il est souple et frugal et même très frugal !
En faisant un tant soit peu attention, il est tout à fait
possible de passer sous la barre des 6 litres au cent. Renault
en est conscient car le bloc compteur comporte un indicateur de
changement de vitesses. Dans un tout autre registre, la version
2 l de 180 ch. procure une
conduite
sportive ce qui permet de profiter au maximum de l'excellent
châssis de la Mégane. Toutefois, comme son petit frère, ce
dernier peut aussi rester sobre : 8,4 l au cent pour 180 ch… ce
n'est pas si mal, non ?
Bref, la Mégane 3, c'est…
La Mégane 3 a très bien évolué, sa période "révolutionnaire" est
derrière elle, et tant pis pour les esprits chagrins qui en
voulaient plus. Avec un style plus consensuel, il est évident
qu'elle confirmera sa place de challenger vis à vis des ténors
du marché, qu'ils soient français, d'outre-Rhin ou d'ailleurs.
Un choix ? Difficile, il est vrai, chaque version a son charme.
Cependant, il est fort à parier que les versions Berline 1.5 dCi
105 ch. ou 110 ch. FAP seront les plus demandées : leur sobriété
et leur polyvalence en feront l'élue de beaucoup de famille.
Pour les gros rouleurs, il est évident que la version 1.9 dCi
130 ch. sera leur préférée. Quant aux petits rouleurs, la 1.6
16v les comblera certainement. Néanmoins, pour la berline cinq
portes, il est impératif de choisir la version à six vitesses :
la période de résonance du moteur sera dès lors reportée au-delà
des 120 km/h légaux…
Nos précédents essais sont disponibles
ICI
Haut de page
|