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La Mazda6 : Zoom-zoom ?
Mis en ligne le 06/02/2009 -
Texte &
Photos : Benoît PIETTE
Belle, racée,
allure féline… Voici les qualificatifs que l'on entend le plus
souvent à propos de cette berline familiale atypique. Quelle
mouche a donc piqué Mazda pour produire un véhicule aussi
attirant ?
Née sous le signe du 6
Au
regard de ses devancières, la Mazda6 semble avoir été dessinée
par un carrossier italien. Souvenons-nous des Mazda 616 ou 626 :
certes, c'était des voitures éminemment fiables, mais elles
n'ont jamais fait l'objet d'un achat "passion". Depuis 2002, la
firme d'Hiroshima a jeté son ancienne numérotation aux orties et
orienté ses produits vers une nouvelle philosophie plus
dynamique. C'est dans ce contexte que la Mazda6 a succédé à
cette lignée conçue 39 ans plus tôt.
Avec notamment des passages de
roues arrondis et saillants, des porte-à-faux courts et une
nouvelle face avant avec des ailes proéminentes, les trois
versions la Mazda6, deuxième du nom, montrent un style à la fois
énergique et très épuré qui attire invariablement les regards.
Les versions Sedan (berline quatre
portes) et Hatchback (berline cinq portes) sont de dimensions
fort similaires : la Hatchback ne se distinguant de la Sedan que
par une silhouette plus proche d’un coupé avec une troisième
petite vitre latérale et une ligne de pavillon plus horizontale.
Quant au SportBreak, il affiche un décroché de ligne de caisse
beaucoup plus prononcé avec une surface vitrée élargie et des
ailes arrières se fondant dans le hayon.
Un intérieur sobre et soigné
L'intérieur en cuir noir sur les
versions essayées dégage une élégance un peu austère mais de bon
aloi. Les sièges sont confortables et possèdent d'excellents
réglages électriques permettant à chacun de trouver une position
de conduite idéale. Mais si l'envie vous prend de conduire
sportivement, leurs flancs enveloppants
maintiendront parfaitement votre corps. Ils sont pourvus d'un
chauffage à réglage manuel à
deux
positions qui, en cette période hivernale, s'est avéré plus
qu'utile ! Toutefois, ma passagère a déploré sur leur assise une
couture transversale particulièrement gênante.
Entre les sièges avant, un
accoudoir central coulissant sert de couvercle à un compartiment
vide- poches pourvu de prises audio. Le tableau de bord est
ergonomique et d’une grande qualité d’assemblage. Le système de
ventilation, bien qu'un peu déroutant au début, s’avère pourtant
pratique à l’usage. Il en va d'ailleurs de même avec le levier
du frein à main, placé curieusement à droite du tunnel de
transmission, côté passager.
Le levier de vitesses tombe bien
en main et permet de garder le coude sur l’accoudoir central.
Pour les fumeurs, le cendrier est placé juste devant le
levier et ce dernier pourra poser un problème d'accessibilité
s'il est engagé sur une vitesse impaire. Les commandes de
l'ordinateur de bord et du système audio sont regroupées sur la
gauche du volant, tandis que celles du régulateur de vitesse
sont à droite… et non l'inverse (!) Les informations qu'il donne
apparaissent en haut de la console centrale, ce qui impose de
quitter la route des yeux. Hélas, les données relatives à la
consommation et à l'autonomie ne sont pas toujours directement
accessibles et nécessitent quelques manipulations pour les
atteindre. En outre, il faudra choisir entre l'heure ou ces
informations. En revanche, bravo pour l'écran tactile et
intuitif du système combiné audio et de navigation.
A l’arrière, trois adultes peuvent
prendre place sans aucun problème. Le coffre est une véritable
soute : les trois versions proposent au minimum plus de 510 dm³
de volume (520 dm³ pour la Sedan). Celui-ci pouvant même
atteindre 1751 dm³ pour la version SportBreak avec banquette
arrière rabattue.
En
outre, celui-ci dispose d'un ingénieux système (qui répond au
doux nom de "Karakuri") permettant d'escamoter d'un seul geste
les sièges arrières pour obtenir un plancher rigoureusement plat
sans devoir ouvrir les portières arrières, manipuler la
banquette et ses repose-tête. A cela, le break propose en
plus, un couvre-bagages qui suit automatiquement le mouvement du
hayon. Sur les Hatchback et SportBreak, un espace de rangement a
été aménagé pour le couvre bagage : futé !
Pour être complet, signalons aussi
que les versions essayées disposaient d'un rétroviseur intérieur
anti-éblouissement automatique, d'un capteur de pluie très
sensible, d'un système audio premium BOSE® à huit haut-parleurs
performant,
d'un système de surveillance de la pression des pneus, d'un
système Bluetooth® pour téléphonie mains libres, d'un système
radar d'aide au parking, d'un allumage automatique des phares
avant bi-Xénon et enfin d'antibrouillards avant avec une
fonction permettant l'allumage du phare situé à l'intérieur du
virage (AFS).
A son bord, la visibilité
périphérique est en général bonne, mais l'épaisseur du montant A
peut parfois gêner la vision lors de parcours sinueux. A
l'arrière, on peut constater une légère déformation de la vision
par la lucarne arrière de la version Hatchback. Par contre, la
version Sedan présente une lucarne arrière plus étriquée.
A souligner encore : plus grande
et mieux équipée, la nouvelle Mazda6 (Mazda
Atenza au Japon) est malgré tout plus légère que le
modèle qu'elle remplace !
Dynamique sur route
Ici encore l'esprit "zoom-zoom" a soufflé son
savant mélange de dynamisme, modernité et plaisir : quelle
que
soit la version essayée, la Mazda6 est un régal de conduite. Ses
suspensions fermes, tout en offrant un excellent confort,
renforcent l’impression de sécurité et poussent même à adopter
une conduite sportive d'autant plus que la boite de vitesse à
six rapports est précise et rapide. Evidemment, le confort peut
se dégrader sur des routes à nids de poule, mais la tenue de
route restera bonne. Sur les petites routes du Condroz, la
précision de sa direction et son dynamisme ont été un véritable
enchantement et on se croit rapidement à bord d'un véhicule
sportif d'un gabarit nettement inférieur tellement son châssis
surprend par son agilité. Dans certaines circonstances, on
pourra même déclencher un décrochage de l'essieu arrière. Le
freinage est puissant mais nécessite une pression sur la pédale
de frein plus accentuée que sur ses concurrentes françaises, ce
qui d'ailleurs, en facilite le dosage.
Son moteur MZR-CD 2.0 développe 140 ch. au
régime paisible de 3500 rpm. Bruyant à froid, il sait se faire
oublier sur l'autoroute en ronronnant gentiment. Doté d'un
couple de 330 Nm à 2000 rpm et grâce au poids contenu du
véhicule, il donne de bonnes reprises après 1800 rpm. Quant à sa
consommation, on peut facilement rester aux alentours de
6 litres au 100 km voire moins pour la Sedan, ce qui est honnête
mais sans plus. Il faut signaler que les conditions hivernales
que l'on a eues ces dernières semaines n'ont pratiquement pas
influencé celle-ci.
Actuellement, ce moteur est secondé voire
remplacé par une unité plus moderne : le MZR-CD 2.2 litres.
Celui-ci est décliné en trois niveaux de puissance à savoir 125,
165 et 185 ch. au même régime de 3500 rpm. Les couples de ces
moteurs sont respectivement de 310, 360 et 400 Nm entre 1800 et
3000 rpm. Outre sa cylindrée plus importante, ce nouveau moteur
a de faibles niveaux d’émissions et une consommation réduite
voire même inférieure à son prédécesseur. Cependant, pour des
raisons fiscales évidentes, le MZR-CD 2.0 subsiste sur le marché
belge en lieu et place du MZR-CD 2.2 litres de 125 ch.
Trente-neuf ans plus tard
Après avoir été longtemps des machines à
rouler, les Mazda deviennent des machines à vivre, à vivre même
intensément… Avec une habitabilité supérieure à la moyenne, un
châssis incroyable et un moteur coupleux à souhait, la chenille
est devenue papillon. En la comparant à ses concurrentes
asiatiques ou européennes, elle est de loin celle qui a été
conçue et fabriquée par passion et non par raison.
Il est
accouplé à un système Audio Pilot® qui ajuste
automatiquement les caractéristiques audio pour neutraliser
efficacement les bruits contenus dans l’habitacle.
Nos précédents essais sont disponibles
ICI
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