Lada Priora : un air de déjà connu
Texte : Benoît PIETTE -
Photos : Marc LEBRUN
Qui
se rappelle Lada 110, 111 et 112 ? Débarquant en fin des années 1990, ces
véhicules se voulaient un renouveau des antiques Lada 1500 qui étaient –
rappelons-le - la version soviétique de la Fiat 124 de 1966. Hélas, le succès de
ces nouvelles moutures ne fut pas au rendez-vous. Avec la Priora, le
constructeur russe remet le couvert avec un important remodelage touchant la
carrosserie et le moteur.
Une ligne bien sage
Par rapport aux Lada 110 & consorts, la silhouette
de la Priora se veut plus moderne, mais sans excès. Elle ravira les personnes
pour qui les excès de modernité effrayent. Bien équilibrée sa ligne se veut
rassurante et fait fit des débauches stylistiques des occidentaux : ici, c'est
du classique et rien que du classique. Par rapport aux véhicules concurrents,
ses dimensions restent aussi modestes (4,35 m de long, soit 10 cm de moins que
la Logan MCV, sa rivale présumée).
Le break mis à notre disposition pour cette prise
de contact reste dans cette philosophie. Les portières rappellent sa défunte
devancière. Le hayon donne accès à une soute de 444 dm³ qui, banquette arrière
rabattue, donne près de 777 dm³ de contenance. L'accès y est aisé et le seuil de
chargement relativement bas. Sous le tapis de sol, on découvre encore une
vraie roue de secours.
Un intérieur sobre
Comme la Kalina essayée dans ces colonnes, le
tableau de bord n'a rien de moderne, mais il va à l'essentiel : on y découvre
même un petit ordinateur de bord qui permet de mesurer votre consommation
moyenne et instantanée. Les rétroviseurs extérieurs aussi sont réglables
électriquement et le volant réglable en hauteur.
Les sièges en velours sont confortables et on s'y
enfonce comme dans un sofa. Espérons que cette mollesse inaccoutumée ne se
dégrade pas avec le temps. La place y est suffisante pour cinq passagers.
Un moteur élastique mais bruyant
La Priora Break est propulsée par un moteur 1600
cm³ 16V remis au goût du jour : sa puissance atteint les 98 ch. à 5600 rpm et
son couple développe 14,5 Nm à 4000 rpm. Elastique, il reprend facilement partir
de 2500 rpm mais son insonorisation reste faiblarde. Par rapport au 1400 cm³ de
la Kalina, il nous semble toutefois moins dynamique. Pour cette brève prise en
main, la consommation moyenne a tourné aux alentours de 7,5 – 8 l au 100 km sur
un parcours varié dans le Borinage.
Une tenue de route sage
A
son volant, ce qui frappe le plus, c'est la grande démultiplication de la
direction : en ville, on n'arrête pas de mouliner ! Une caractéristique que nous
avions déjà constatée à bord de la Kalina. Cette particularité conduit à un
sentiment d'imprécision dans la direction. La boîte de vitesses à cinq rapports
est ferme mais ses débattements sont très longs et n'ont pas la précision d'une
boîte d'Outre-Rhin.
La tenue de route est sage mais la caisse a une
certaine propension au roulis quand l'envie vous prend de conduire plus
sportivement sur des routes sinueuses… encore que cette volonté ne se présente
que très occasionnellement vu le ressenti au volant. Comme sa petite sœur la
Kalina, sa suspension est excellente et boit littéralement les ornières si
fréquentes dans notre bosselé pays…
Une rivale à la Logan MCV ?
Certes, la Logan MCV 1.6 16v de 105 ch. en version
"Lauréate" semble plus moderne et sa tenue de route est aussi plus performante,
mais la Priora 2171 offre une simplicité d'usage plus radicale et son prix est
encore plus alléchant (11.500 EUR). En revanche, son volume de chargement reste
en retrait.
Dans notre pays où presque 75 % des ventes sont
"mazoutées" sa diffusion risque de pâtir de l'absence d'une version diesel…
Mais au fait, n'est-ce pas justement Renault qui a participé à la remise à flot
d'AVTOVAZ ? On pourrait, dès lors, rêver d'une Lada 1.5 dCi ?
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