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Et pourquoi pas
une Dodge Journey 2.0 CRD ?
Mis en ligne le 01/01/2009 - Texte &
photos : Benoît PIETTE
Dans
cette période de crise où les républicains du Congrès américain
ont rechigné à assister les "Big Three" exsangues, il semble
intéressant de se pencher sur le plus petit des trois, à savoir
Chrysler. En effet, par manque de liquidités, toutes les usines
de ce dernier ont la clé sous le paillasson pour une période
d'un mois. Ce 19 décembre, après de longues tractations Chrysler
vient de se voir accorder une aide de 4 milliards de dollars
assortie de conditions très strictes. Si celles-ci se ne sont
pas remplies dans les trois mois, le constructeur devra en tirer
toutes les conclusions en les remboursant au Trésor. Espérons
que cette bouffée d'argent frais lui permettra d'optimaliser sa
restructuration afin de produire une gamme de véhicules
exotiques appréciés de l'autre côté de l'Atlantique. Parmi eux,
on y trouve le "petit" dernier, le Dodge Journey…
Un monovolume plus européen
Depuis toujours, Chrysler propose
le Voyager comme monovolume, cependant, avec sa corpulence et
son moteur diesel de 2,8 l développant quelque 160 chevaux, il
est loin de correspondre aux attentes des familles européennes,
fussent-elles nombreuses. Afin de renforcer la gamme et de la
rendre plus attractive, Dodge propose un monovolume plus adapté
à nos contrées : le Journey.
Comme le Caliber, l'Avenger et
d'autres véhicules Dodge, sa version diesel ne se contente que
d'un 2 litres CRD de 136 ch. d'origine VW. La réputation de ce
moteur à injecteurs-pompes n'est plus à faire : il est certes
bruyant, mais il est aussi particulièrement sobre, et c'est là
son moindre défaut… Accouplé à ce moteur, on trouve une boîte
Gertrag à deux embrayages internes comparable à la fameuse boîte
DSG de VW.
Le
tableau de bord est particulièrement complet et de nuit, son
éclairage est reposant et très lisible. Le régulateur de vitesse
est disposé sur un levier en bas et à droite du volant. Son
emploi est aisé. Cependant, regrettons que la vitesse définie ne
soit pas reprise sur le tableau de bord. L'assise des sièges
avant est un peu courte et ceux-ci n'offrent pas un soutien
latéral suffisant. Notons aussi que l'accoudoir avant s'avère
inutilisable malgré son glissement sur l'avant. La visibilité
périphérique est bonne, quoique les montants avant du pare-brise
aient gagné à être un peu moins épais, car ils gênent la vue sur
parcours sinueux. Il en va de même avec les appuie-tête arrières
des rangées 2 et 3 qui occultent partiellement la vision
arrière. Si la troisième rangée reste inoccupée, il est sage de
la rabattre. C'est d'ailleurs un jeu d'enfant qui vous permettra
de regagner environ ½ m³ de volume pour les bagages. En
revanche, bravo pour la caméra arrière qui permet de garer le
véhicule au centimètre près. L'écran de celle-ci est positionné
assez bas sur la console centrale.
L'habillage intérieur est de bonne
facture, sobre et de bon aloi. Les espaces de rangements sont
nombreux et situés un peu partout dans l'habitacle. La place à
l'avant et à la deuxième rangée est suffisante pour des adultes,
en revanche, pour de longs trajets, la dernière rangée ne devra
être réservée qu'à des enfants. A noter que dans cette
configuration, le coffre arrière est réduit à sa plus simple
expression.
Compte
tenu de son volume, le rabattage des rétroviseurs extérieurs
n'est pas un luxe et s'effectue avec une commande séparée du
réglage. Hélas la nuit, il faudra tâtonner pour y accéder car le
bouton n'est pas rétro-éclairé, ce qui oblige le conducteur
d'allumer l'éclairage d'ambiance placé près du rétroviseur
intérieur. Au niveau de ce rétroviseur, on y trouve aussi un
emplacement pour les lunettes ainsi qu'un miroir convexe
escamotable pour surveiller les enfants à l'arrière. Ce miroir,
dit de "conversation", est plus élégant que les petits miroirs
convexes fixes spécialement dédiés à cette fonction que l'on
retrouve auprès des marques concurrentes.
Comme toute américaine qui se
respecte, le conditionnement d'air est très performant et est à
réglage automatique "triple zone" (avant et arrière).
Dans sa version haut de gamme R/T,
le Journey en offre pour son argent : des jantes de 19", des
sièges avant chauffants avec habillage en cuir en deux couleurs,
deux barres de toit en chrome, une installation audio de très
bon niveau, une centrale d'information qui répond au nom d'Electronic Vehicle Information Center, un
levier et un volant en cuir avec commande audio intégrée, etc…
Son univers : l'autoroute, mais
aussi…
Avec presque deux tonnes sur la
balance, son moteur de 136 ch. a beaucoup à faire, mais il est
coupleux
et
secondé par une boîte Gertrag à deux embrayages internes. Quand
on connaît le Cx de l'engin, on pouvait s'attendre à une
consommation "américaine"… il n'en est rien : la moyenne de
l'essai a tourné autour des 8 litres au 100 km. Compte tenu de
son réservoir de 78 litres, le millier de kilomètres d'autonomie
n'est donc plus très loin…
Ses freins sont puissants et le
frein à main reste manuel et tombe parfaitement sous la main.
Pour l'avoir essayé sur les
petites routes de la Haute Meuse, il faut avouer que son
comportement a été plus qu'honorable, sa direction est bonne
même si elle reste un cran en dessous des réalisations
européennes en la matière. Mais peut-être n'est-ce dû qu'aux
pneus de marque inconnue ? Ses prises de roulis restent
modérées. Sa boîte Gertrag est vive, mais elle semble un chouia
plus paresseuse que la boîte DSG produite par VW. Néanmoins,
celle-ci permet de lisser avec bonheur le caractère assez
rustique de ce moteur riche en décibels.
En somme, le Journey reste une
bonne surprise mais il est indéniable que les voies rapides
resteront sa prédilection.
En conclusion
Avec sa gueule de SUV, il est vrai
que le Journey "en jette", mais sous son allure de baroudeur se
cache un monovolume performant, relativement sobre et bon
marché. Bien fini par rapport aux réalisations précédentes de
Dodge, et compte tenu de son prix d'attaque (moins de 25.000 EUR)
le Journey se présente comme une sérieuse alternative aux
sempiternels Espace, Sharan, Galaxy et autres 807 qui hantent
nos routes.
Gageons que la Journey préfigure
le renouveau de Dodge et de Chrysler en général.
Nos précédents essais sont disponibles
ICI
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