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La Cuore, une puce des villes
Mis en ligne le 01/01/2009 - Texte : Benoît PIETTE
Discrétion
mais constance dans ses choix, telles sont les vertus de la
vénérable firme Daihatsu, la plus ancienne marque automobile du
Japon. Fondée en 1907, et après s'être spécialisée dans la
fabrication de moteurs jusqu'en 1930, Daihatsu s'est tournée
vers la fabrication de petits véhicules à trois puis à quatre
roues. Néanmoins, la particularité de ces véhicules était de
garder des dimensions réduites pour un usage urbain ou
périurbain.
Un siècle plus tard, la Cuore
maintient cette philosophie en proposant un véhicule compact,
maniable et vif, destiné aux villes.
Discrète mais…
Diablement bien pensée : cette
mini-voiture - la septième du nom - est on ne peut plus
fonctionnelle : la position de conduite est haute, la visibilité
périphérique est parfaite, dommage toutefois que les sièges
soient si peu enveloppants car les prises de roulis lors des
virages sont plus que perceptibles. Evidemment, le conducteur a
toujours son volant pour s'agripper mais ce n'est
malheureusement pas le cas des passagers…
A
propos de ceux-ci, ils pourront jouir d'une habitabilité à
l'arrière peu commune grâce à des portières s'ouvrant à presque
90°, une hauteur de toit élevée, une banquette arrière
coulissante sur près de 25 cm et un plancher rigoureusement
plat. En définitive, on est bien loin de la promiscuité des
places à l'arrière du trio Toyota Aygo, Citroën C1 et Peugeot
107 propulsés du reste par le même trois cylindres. Il faut
avouer que pour une longueur de presque 3,5 m, elle se paye un
empattement de presque 2,5 m, ce qui reste inaccoutumé.
En fonction du déplacement de la
banquette arrière, le coffre sera exigu à très exigu… En
rabaissant les dossiers qui sont fractionnables par moitié, on
dégage un volume de chargement de presque un demi-mètre cube.
Le volant est réglable seulement
en hauteur et le tableau de bord en plastic dur fait un peu
"cheap", mais il regroupe l'essentiel des commandes y compris un
ordinateur de bord assez sommaire. Celui-ci permettra d'ailleurs
de s'étonner de la consommation réduite de la "puce" : il est
vrai que la Cuore est un des rares véhicules vendus en Belgique
pouvant prétendre à une prime de l'état de 15% de remise directe
sur son prix d’achat .
Urbaine mais…
Depuis les accords avec Toyota,
Daihatsu dispose de l'excellent moteur 1.0 l VVT-i 12 soupapes à
calage
variable.
Cette mécanique sophistiquée distille sa puissance et ses
décibels avec enthousiasme, ce qui lui permet de ne pas se
limiter à une circulation exclusivement citadine. En effet, eu
égard à sa cylindrée, ses montées en régime sont exceptionnelles
et le poids contenu de l'auto permet une agilité assez
surprenante : avec presque 70 ch. pour un peu plus de 750 kg, ce
n'est pas étonnant ! Cependant, le couple du moteur est faible
et impose de relancer la mécanique plus que de coutume… dans un
bruit qui évoquera, pour les plus anciens d'entre-nous, les
trois cylindres des DKW et autres Wartburg de jadis ! Dans ces
conditions, cela peut devenir fatigant sur un long trajet riche
en déclivités, d'autant plus que le débattement du levier de
vitesses est particulièrement long et un peu caoutchouteux.
La suspension est bonne, quoiqu'un
peu "rebondissante" avec ses hauts pneus de 145/80 en 13 pouces.
Sur autoroute, il faudra aussi se méfier de sa sensibilité au
vent latéral.
Au niveau de la consommation, la
Cuore justifie largement la prime écologique : sur les routes de
l'Entre Sambre et Meuse, avec trois adultes et leurs bagages, et
par un temps hivernal assez peu engageant, nous avons frisé les
4,7 litres aux 100 km, ce qui est remarquable. Cette
consommation réduite garantira donc une autonomie satisfaisante
malgré un petit réservoir de 36 litres.
Dans les conditions climatiques
difficiles et en reprenant la voiture après un arrêt prolongé,
la buée est vite présente et transforme l'habitacle en aquarium.
Son désembuage est particulièrement long malgré la présence de
l'airco…
Menue mais…
D'aucun pourrait s'imaginer que
cette petite voit ure
n'offre que peu de sécurité à ses passagers. Il en n'est rien,
car sur un score maximum de cinq étoiles octroyé par l'organisme
Euro NCAP, la Cuore en a récolté quatre pour la protection des
passagers et trois pour la protection des enfants. Ses bons
points sont le résultat du bon équipement sécuritaire installé
par Daihatsu, à savoir : un double airbag, une colonne de
direction absorbant les chocs, un prétensionneur de ceintures et
avec limiteur de force, un ABS avec répartiteur de freinage (EBD),
un système de fixation des sièges enfants ISOFIX à l'arrière et
enfin, une structure à déformation programmée. En revanche, avec
un résultat de seulement deux étoiles pour la protection des
piétons, Daihatsu peut mieux faire…
Tout compte fait…
Cette puce des villes peut sans
aucun complexe sortir son museau des métropoles, son vaillant
petit moteur le lui permet, mais gare au bruit ! Son
habitabilité est étonnante et ridiculise les autres petites
citadines du segment A, pas étonnant dès lors que la Cuore
représente 40 % des volumes de vente de Daihatsu. De plus, en
ces temps de récessions, la prime octroyée par le gouvernement
viendra certainement encourager les indécis, d'autant plus que
Daihatsu garantit ses véhicules cinq ans…
Nos précédents essais sont disponibles
ICI
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