La
première impression qui se dégage de cette voiture, c’est une impression
de classe, de distinction et de charme indéniablement anglais !
La voiture est basse,
longue, campée sur ses immenses pneus de 265/35 par 18…
Elle donne
l’impression d’un félin prêt à bondir sur sa proie… Un peu de sang
Jaguar a dû passer dans les gènes de cette voiture…
C’est la 3ème
Aston que le propriétaire possède et, selon lui, c’est la plus aboutie,
la plus fiable, la plus utilisable au quotidien… Et, pour me le prouver,
il me propose de juger sur pièces et d’aller faire quelques kilomètres à
son volant.
Tout d’abord, il faut
s’asseoir dedans, pléonasme qui prend tout son sel quand on sait qu’il
est virtuellement IMPOSSIBLE à une personne de mon gabarit (1m90-120 kg)
d’y trouver une position confortable. Si je me positionne correctement
pour les jambes et les bras, ma tête touche franchement le toit… Si je
m’installe confortablement pour la tête, mes bras ne touchent quasi-plus
le volant et mes jambes sont trop près du pédalier. Et ce malgré tous
les réglages possibles. (siège, volant, pédalier, etc…) .
En conclusion, plus
d’1m80, passez votre chemin, cette auto n’est pas pour vous…
Contact : comme dans
les « vraies » il faut tourner la clef, puis pousser sur un bouton au
tableau de bord…un miaulement aigu me fait sursauter, c’est le bruit du
moteur ( V12) au démarrage, c’est moins violent qu’une Ferrari, mais
tout aussi mélodieux.
Mettre la boîte auto
sur « R » pour faire marche arrière dans l’allée et surtout ne pas
mettre de gazs sous peine d’aller visiter illico la maison du voisin
d’en face… Tout en douceur, les
2.2
tonnes de la bête s’ébranlent.
Une fois sur la route,
on a le choix, soit on passe les vitesses manuellement, soit on laisse à
la voiture, dotée de 2 programmes (sport et normal) le soin de changer
les vitesses. En programme sport, le changement intervient au rupteur et
le « kick down » est plus rapide.
Première impression,
qui perdurera tout l’essai, cette voiture ne roule pas, elle glisse….
Même en passant sur
des chaussées défoncées, vous ne sentez pas les trous, juste quelques
petites oscillations de la caisse, les changements de direction se font
de manière nette et précise, même si vous sentez bien l’inertie
due au poids général de l’ensemble.
Une excellente route au très
bon revêtement nous tend les bras. J’écrase franchement l’accélérateur,
la voiture s’assied sur son train arrière, la direction se
fait un peu plus légère, le moteur prend brutalement des tours, le
feulement se fait grondement rageur, mon passager et moi-même sommes
écrasés au fond du siège, la voiture est catapultée en avant, en moins
de temps qu’il ne le faut pour le dire, nous sommes dans les
échappements de la voiture qui nous précédait auparavant de plus de 200
m….
Il n’y a pas à dire,
420 Chevaux, ça « cause ».
Un petit coup de
frein, clignoteur, nouvelle franche accélération pour dépasser, et nous
sommes déjà 200 m plus loin que la voiture que nous venons de dépasser.
Largement au-
delà des vitesses
autorisées…
Même en roulant
très calmement, très en dessous des possibilités de freinage et
d’accélération de la voiture, vous êtes déjà à des vitesses anti-permis…
Le propriétaire me
racontait qu’une fois, sur la côte d’Azur, il avait été arrêté par les
« photographes publics » alors qu’il circulait à 161 Km/h au lieu de
130…
Comme c’est un
Monsieur assez âgé qu’on ne peut raisonnablement pas taxer d’être
un fou du volant, il expliquait au gendarme qu’il ne s’était pas rendu
compte de sa vitesse, et qu’avec ce type de voiture, il était impossible
de se maintenir à 130 sans abîmer la voiture.
Le gendarme lui a
alors demandé d’ouvrir son capot moteur… Quand il a vu le V12 , il a
répondu au Monsieur qu’il voulait bien le croire et l’a laissé repartir
sans le verbaliser. Ce devait être un amoureux de belles mécaniques….
En virages, l’Aston se
comporte de manière correcte, avec toujours un petit bémol dû à son
inertie. Son comportement est rassurant, un léger sous-virage
permettra de ne pas affoler le conducteur, l’arrière ne se dérobe que si
on appuie à fond sur le champignon et encore, si la route est grasse. Le
freinage est endurant, progressif et efficace. Malgré quelques
freinages
appuyés, je n’ai pu prendre celui-ci en défaut. Le comportement routier
est au-dessus de tout soupçons, c’est une voiture « bien élevée », une
Anglaise, quoi !! Maintenant il est totalement impossible de la conduire
« à la cravache ». Son châssis, son poids, ses mensurations rendent ce
type de conduite impossible. Cette voiture est l’archétype de la
Grand-tourisme, mais pas du tout une sportive…
D’ailleurs, à son volant, entouré de tout ce bois (ronce de noyer, s’il
vous plaît), de tout ce cuir, de toutes ces profondes moquettes, tout
vous convie a rouler calmement en sachant que le réserve de puissance
est inépuisable et que l’électronique, très discrète, veille sur vous
(6 airbags, ESP, EBD,
etc…)
Maintenant à 110.000
Livres sterling (soit +/- 160.000 euros avec les options demandées par
Monsieur J.), cette voiture n’est pas à portée de toutes les bourses,
loin s’en faut, mais on peut toujours rêver, non ???
Le propriétaire de
cette Aston va la revendre. Sa prochaine voiture sera la nouvelle
Bentley Continental Gt…. Il m’a promis un essai lors de son prochain
passage en Belgique….
A plus tard, dans ces
colonnes…
|
FICHE TECHNIQUE
|
|
moteur
|
V12 à 60°, 5935 cm3, 420 ch. à
6000 tr/min |
|
Transmission
|
roues arrière, boite auto à 5
rapports. |
|
Couple
|
55 m/kg à 5000 tr/min
|
|
Poids
|
2152 Kg tous pleins faits |
|
Performances (constructeur) |
vitesse maxi 298 Km/h, 1000 D.A :
25,3 s. |
|
Performances (mesurée) |
0 à 100 Km/h : 5,8 s. |
|
Dimensions
|
longueur 4.66m, largeur 1.92m,
hauteur 1.32m, réservoir 95L |
|
Consommation
|
mixte : 14 l / 100 |
|
Prix
|
135 000€ (version base)
|
|
Le plus
|
Esthétique,Performances,Finition
|
|
Le moins
|
Poids, exiguïté de l’habitacle,
inertie en virages, direction trop assistée |
|
|
D'autres essais
routiers vous sont accessibles ici
Haut de page