Lors de la prise en main de ce véhicule, je me
suis effectivement posé quelques questions : on m’annonçait quelques 150
chevaux, et lors de la première accélération, je fus telle la sœur Anne,
je ne vis rien venir !
A force de cotoyer des turbodiesel de plus en plus
puissants, j’en avais presque oublié que des motorisations « normales »
subsistaient encore ça et là…
La Honda CR-V fait partie de cette race de véhicules sains, pas de
course à la puissance à tout prix, mais de la souplesse, du couple et
une abondance de virtuosité hors du commun.
Ce moteur est velouté et on ne peut plus onctueux,
tant il est ardu d’accorder un quelconque crédit aux spécifications
techniques qui nous renseignent quatre cylindres en ligne seulement,
cinq ou six sembleraient plus approprié, tant à l’oreille qu’à la
prestation.Le plaisir de conduite est total, et la transmission
intégrale se veut discrète en usage urbain de même que sur les grands
axes autoroutiers.
Cette transmission est particulière. En effet, la transmission
s’effectue -dans des conditions normales- uniquement aux roues avant.
Lorsque cette traction faiblit, la force motrice se reporte
automatiquement sur les roues arrières afin d’apporter la meilleure
traction possible.
Au détour d’un chemin boueux et ensablé longeant les dunes, la CR-V
s’est montré combattante et volontaire à plus d’un titre. Sans pour
autant être un vieux de la vieille du Paris-Dakkar, l’impression reçue
du comportement de la Honda sur ce type de terrain accidenté était
bonne, rassurante aussi, la suspension qui se veut modérée de manière
générale, s’est révélé ferme sur ce genre de parcours.
Les performances sont plus que satisfaisantes pour
ce genre de véhicule, il développe 147 chevaux, certes, mais il affiche
aussi 1.545 kilos à vide sur la balance.
Les 177 km/h annoncés se veulent respectables donc.
L’équipement est quant à lui assez basique, pour
ne pas dire absent. Le tableau
de bord se veut dépouillé et sommaire : compteur, compte-tours, jauge de
carburant et témoin de température du liquide de refroidissement, pas un
de plus.
Dommage qu’une montre ne trouve pas sa place sur le tableau de bord,
curieux même…
Les espaces de rangements sont par contre légions, y compris le tiroir
de rangement situé sous le siège passager.
J’ai par contre beaucoup apprécié la disposition du frein de parking qui
se présente verticalement sur la console centrale et qui s’offre pour
l’occasion des allures de stick aéronautique, à la différence près qu’en
le tirant vers vous, aucun décollage ne se produit, mais bien un
atterrissage brutal et violent de votre appendice nasal sur le
pare-brise !
Plus sérieusement, c’est non seulement original mais très pratique à
l’usage également.
Autre détail cocasse et non moins dénué d’intérêt,
la surface de l’espace de chargement du coffre peut être enlevée et être
utilisée comme table grâce à des pieds pliables.
La direction est précise et douce, ce qui confère
un excellent comportement d’ensemble à ce véhicule en général.
Le freinage est progressif et endurant, pas de
pression exagérée à fournir sur la pédale.
Le confort est susceptible
d’améliorations, mais il s’agit ici d’un véhicule de loisirs et pas
d’une grande routière, quoique…
C’est aussi un véhicule qui attirera toute la
sympathie de votre entourage, à commencer par celle de votre pompiste
préféré. En effet, et c’est bien là où le bas blesse mortellement, ce
véhicule se révèle relativement gourmand.
Nous avons effectué le trajet suivant : Bruxelles-Ostende poursuivi de
Ostende-Liège, c’est-à-dire de l’autoroute à plus de 95 %, soit 487
kilomètres au total.
Pas moins de 46,51 litres nous ont été nécessaires, soit 9,896 l / 100,
ce qui à une vitesse stabilisée de +/- 110 km/h nous a semblé
conséquent !
Pour résumer cette nouvelle Honda CR-V, je dirais
que le plaisir de conduite est absolu, à tous niveaux, tant ce moteur
est souple et généreux, regrettons toutefois le manque d’équipements
proposés et la consommation excessive.