L’acquisition d’un cabriolet sous
nos latitudes est-il un acte raisonné ?
Si tant est que le cœur à ses raisons que la raison ignore, aucun achat
en matière d’automobile n’est un acte dialectique en soi. Tout comme
l’utilisation journalière d’un 4x4 en plein cœur de Bruxelles, ou encore
cette superbe sportive développant quelques 300 chevaux roulant au pas
sur la petite ceinture aux heures de pointes, et ce, quotidiennement…
Tout en n’étant pas un profond adepte du cabrio,
force m’a été de constaté que la sensation procurée à bord de cette C70
décapotée est réellement enivrante, curieuse combinaison de la moto et
de la voiture, confort en prime et casque en moins !
La sportive de Volvo est belle, le cabrio lui, est
une réussite. Moins de 30 secondes suffisent pour découvrir la conduite
en liberté. Mais avoir le beurre et l’argent du beurre n’est jamais
possible, aussi, certains inconvénients propres aux décapotables sont
ici aussi présents : rigidité du châssis amoindrie, insonorisation
perfectible (sauf au niveau du moteur onctueux digne d’une symphonie en
C70 majeur même décapotée) et visibilité arrière et ¾ très au-dessous de
la moyenne.
Autant la visibilité à 360° est totale (et surprenante) une fois le toit
replié électriquement, autant les manœuvres en marche arrières sont
pénibles (vitre arrière placée assez haut).
Fidèle à ses principes, Volvo propose un
équipement de série assez fourni et harmonieux,
tels les sièges en cuir fortement profilés, le volant gainé de cuir, la
climatisation automatique réglable individuellement pour le passager et
le conducteur, un système audio digne de ce nom, le tout d’une qualité
ne souffrant aucun reproche.
Une seule pression sur un bouton logé dans la
portière conducteur abaissera toutes les vitres simultanément.
L’ouverture de la trappe à essence et de la malle
arrière s’effectue assez curieusement au travers de commandes également
situées dans la portière conducteur.
Le confort à bord est douillet et la suspension ferme confère à
l’ensemble un comportement routier sûr et sain.
La motorisation du véhicule faisant l’objet de
notre essai est le puissant mais ô combien silencieux 2,4 l cinq
cylindres essence doté de 20 soupapes et développant 193 chevaux, équipé
de la boîte manuelle à cinq rapports. Ce moteur est turbocompressé de
type « basse pression ». A régime élevé, la pression de l’air admis est
légèrement inférieure à celle des moteurs turbocompressés
conventionnels. Ce moteur délivre son couple maximum à faibles régimes
(270 Nm à 1.600 tr/mn).
Pas de cachotteries au niveau de
la consommation de carburant, tant il est clair que nous n'attendons pas
de ce genre de véhicule qu'il soit économique : les extrêmes se situent
entre 7,5 et 14 litres aux cent kilomètres, mais le sage n'a-t-il pas
dit "parce qu'elle le vaut bien ?"
Qui dit Volvo pense indubitablement sécurité !
Pour la C70, le constructeur suédois ne s’est pas croisé les bras non
plus, car si les Volvo figurent parmi les voitures les plus sûres du
monde, il faut aussi qu’elles justifient cette appellation : opération
plus que réussie ici !
Comment un cabriolet sans arceau de protection
pourrait-il être plus sûr qu’un autre me direz-vous ? Vous auriez
raison, mais c’est sans compter le ROPS, entendez par-là Roll Over
Protection System.
L’absence d’arceau contribue à affiner la fluidité
de la ligne de la Volvo C70, aussi, un
système de sécurité spécial en cas de tonneau a été mis au point. Dès
que la voiture risque un retournement, des arceaux de sécurité se
déploient. Ces arceaux sont logés dans un réceptacle situé derrière les
repose-tête arrière. Ce système ROPS prévoit également des
prétensionneurs de ceintures de sécurité aux quatre sièges ainsi qu’un
cadre de pare-brise et des montants de portières renforcés à l’aide
d’acier à haute résistance et solidement fixés à la structure.
Ajoutons à cela les célèbres et exclusifs systèmes
de sécurité Volvo protégeant des impacts latéraux (SIPS) et des
collisions par l’arrière. Considérons dès lors que le Cabrio C70 est
l’un des cabriolets les plus sûr du monde.
Rouler les cheveux au vent est un plaisir incommensurable,
et apercevoir le ciel au volant d’une voiture est singulier, de même
qu’entendre le chant des oiseaux nous bercer au fil des kilomètres.
Plus qu’un objet de convoitise, le cabriolet incite plutôt à une
conduite plus sereine et contribue à un retour à la nature, vrai de
vrai…