Mis en ligne le 17/09/2008 - Texte &
photos : Benoît PIETTE
Gourmandes, pataudes et mal finies, les voitures américaines
nous ont souvent laissés perplexes devant leur extravagance
décalée. Aussi, en posséder une nous faisait passer pour un
être bizarre voire farfelu. C'est avec donc une certaine
appréhension que je suis monté à bord de ce paquebot
outre-Atlantique…
Malgré sa ligne suggestive, le modèle choisi était propulsé par
un moteur diesel 3.0 CRD V6 provenant de chez Mercedes, son
"ex-partenaire". D'une cylindrée raisonnable de 3 litres, ce
moteur possède un filtre à particules. Cette version disposait
de l'option "SRT Design" qui se distingue par des inserts en
graphite dans la console centrale et dans les poignées de
portes, des jantes de 20" en fonte d'alliage, des rétroviseurs
couleur carrosserie, des sièges en cuir avec inserts en suède et
une couleur métallisée.
Pour
rappel, la "SRT" correspond à la finition "haute gamme" de la
300C : sous son capot se cache un moteur essence V8 Hemi de 6,1
litres de cylindrée de 431 ch… un autre monde en effet !
Nonobstant ce mariage a priori contre nature, la 300C étonne :
toujours très discrets, et grâce à un couple colossal de 510 Nm,
ses 211 ch. emmènent ses 2 tonnes sans heurts et sans bruit...
Côté
consommation, bonne nouvelle : malgré sa taille et son poids, il
est tout à fait possible de descendre sur route ouverte sous la
barre des 9 litres au cent km. Sa boite automatique à 5 rapports
d'origine Mercedes - ancienne génération - reste encore
d'actualité et rétrograde assez rapidement et quand il le faut.
Les freins sont efficaces et ralentissent cette lourde berline
dans de bonnes conditions.
Clin
d'œil à ses origines, le frein à main est… au pied ! Attention,
il est trop faible quand la voiture est en pente... mais qui
donc l'utilise vraiment sur une automatique ?
En
ce qui concerne sa tenue de route, compte tenu de ses origines,
nous aurions pu nous attendre au pire… et bien nous avons eu
tout faux : la motricité de cette large propulsion est
excellente. Il est bien possible que ses jantes de 20"
améliorent sensiblement l'effet bateau que l'on aurait pu
craindre. Néanmoins, avec des pneus de 45ZR20, il faudra prendre
garde à l'aquaplanage !
Malgré ses tailles basses, le confort a pu être préservé et
correspond à ce que l'on retrouve dans les voitures d'outre-Rhin.
En outre, peu de bruits de roulement sont présents.
Assez impressionnante avec sa calandre "coupe-frites", la 300C
ne laisse personne indifférent : on aime ou on n'aime pas...
La
finition est en net progrès sans encore égaler les berlines
allemandes (sur notre exemplaire, les jours des feux arrières
étaient différents à gauche et à droite et de la rouille
apparaissant au niveau des joncs anodisés des portières).
Plutôt étonnant de la part d'une américaine, l'intérieur est
très sobre et de bon aloi, les sièges confortables et il y a
énormément de place à l'avant comme à l'arrière. Les sièges
avant possèdent un système de réglage électrique avec deux
mémoires intégrant aussi les données de l'ajustement électrique
du pédalier en profondeur ainsi que du volant. Par contre, il y
a peu de volume de rangement.
Le
coffre est profond et facilement utilisable, en revanche, sa
finition n'est pas digne du reste du véhicule. Le détail qui
tue : une tirette permettant de se dégager du coffre si on s'y
retrouve enfermé, chose qui arrive outre-Atlantique,
paraît-il...
Au
niveau accessoires, c'est Byzance ou plutôt… Las Vegas : un
ordinateur de bord avec écran tactile interactif de 6,5"
d'utilisation très intuitive avec 20Go de disque dur, un lecteur
CD/DVD et MP3, un système audio Boston Acoustics de 276 W !
Comme toute américaine qui se respecte, le conditionnement d'air
bizone est efficace et le cruise-control très performant,
cependant, celui-ci est placé sur une manette et pas dans le
volant et est donc moins accessible que sur un volant
multifonction.
Les
essuie-glaces automatiques sont très réactifs (c'est assez rare
pour qu'on le souligne !) et les rétroviseurs extérieurs
réglables basculent vers le bas une fois la marche arrière
enclenchée. Hélas, sur le modèle essayé, ils n'étaient pas
rabattables électriquement : vu la largeur de cette berline,
cela ne devrait pas être une option en Europe !
Voilà donc un véhicule attachant et singulier, relativement
sobre dans cette version diesel, qui permettra de se réconcilier
avec une certaine caricature du véhicule américain.
Une
vraie alternative pour quelqu'un qui veut se démarquer des
traditionnelles voitures allemandes... De plus, compte tenu de
ses accessoires, elle est nettement moins chère que ces
dernières.
La
finition a fait de grands progrès par rapport aux autres
produits du groupe. Gageons que cette optique se généralise dans
le groupe !
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