Mis en ligne le 08/12/2008 - Texte &
photos : Benoît PIETTE
Dans sa nouvelle version, le Berlingo
a suivi la tendance générale du marché qui veut que son
remplaçant soit plus grand, plus puissant et mieux équipé.
Certes, pour un véhicule dont l'origine est utilitaire, une
augmentation de la capacité de chargement est toujours la
bienvenue, mais est-ce bien nécessaire pour une familiale ?
Un concept, une gamme
Ce concept qui a vu le jour chez Citroën
en 1996 a pour base une fourgonnette qui a été convertie en
monospace par une refonte intérieure et extérieure basée sur la
"modularité et la praticité" (sic). En somme, par la création de
ce nouveau segment, le constructeur a tenté de répondre aux
besoins croissants de liberté et de polyvalence d’usages que
souhaitent les familles d'aujourd'hui. Pour des raisons
financières ou autres, certains ménages trouvent que leurs
besoins n'ont pas toujours été satisfaits par le concept du
"monospace" et c'est là qu'intervient ce nouveau segment.
Le nouveau Berlingo coiffe la gamme des
ludospaces de Citroën qui, pour mémoire, débute avec le Nemo
Combi, puis le Berlingo First qui est en réalité le nouveau
patronyme de l'ancienne version lancée fin 2002 et dont la
production se poursuit.
Le Nouveau Berlingo est disponible en
cinq motorisations : trois moteurs diesel (le 1,6 HDi décliné en
trois puissances de 75, 92 et 110 ch)
et deux moteurs essence (le 1.6i 16V de 90 et 110 ch)
Nous avons eu l'occasion
d'essayer deux modèles diesel de 75 et 92 ch. respectivement en
version Multispace et XTR.
Plus grand, plus large… mais
aussi plus encombrant
Par rapport au "Berlingo
First", le Nouveau Berlingo voit sa longueur croître de 24 cm et
sa largeur de 8 cm, ce qui porte ainsi sa longueur à 4,38 m et
sa largeur à 2,11 m. Si vous n'optez pas pour un radar de
recul,
les manœuvres de stationnement vous seront évidemment plus
laborieuses : heureusement que sa hauteur reste inchangée, ce
qui préservera malgré tout son accès à votre garage et aux
parkings souterrains. Toutefois, grâce à ses nouvelles
dimensions, l'espace laissé aux passagers arrière est digne
d'une grosse berline et son coffre voit son volume porté à
675 dm³ sous la tablette. Celui-ci atteint 1,35 m³ jusqu’au
pavillon voire même 3 m³ quand les sièges du second rang ont été
déposés. Comme pour le Nemo, le Nouveau Berlingo peut aussi être
équipé d’une prise 12 V et d’une lampe amovible dans le coffre.
Cette lampe se recharge dès qu’on la repositionne sur son
support et que le moteur tourne.
En plus de cette augmentation de volume,
il reçoit des améliorations pratiques au niveau de la
polyvalence intérieure et du volume de rangement (jusqu'à 170
l). Regrettons toutefois que le style des portières ait été
privilégié par rapport à la fonctionnalité des espaces offerts :
il est en effet difficile d'y ranger certains objets
relativement courants.
Le modèle Multispace essayé possédait le
nouveau "Modutop" qui offre de nombreux espaces de rangement
situés au niveau du toit qui est lui-même percé de hublots
rendant l'intérieur particulièrement lumineux. Ce "Pack
Modularité - Modudop" propose aussi un filet anti-intrusion
(Filet de retenue charge haute) qui, malheureusement, condamnait
l'accès à la malle arrière du Modutop depuis l'habitacle. Pour
être complet, sachez que le Modutop possède une ventilation
complémentaire agrémentée d'un affriolant "parfumeur
d’ambiance"…
Quant à la
version XTR, en plus de son allure "baroudeur de l'asphalte",
elle possédait une galerie intérieure permettant de transporter
des objets jusqu'à 2 m de long comme des skis… intéressant, mais
sans plus. En revanche, celle-ci disposait d'une lunette
ouvrante sur le hayon arrière. Vu sa hauteur, il est parfois
impossible de l'ouvrir sans toucher le véhicule stationné
derrière lui : cette option est à envisager illico ! A noter que
l’accès à la partie arrière peut être facilité dans les espaces
restreints si, à la place du hayon, l'on opte pour des portes
battantes type 2/3-1/3, mais la visibilité arrière s'en trouvera
nécessairement handicapée.
Tandis que les passagers arrière du XTR
ne disposaient que d’une simple banquette rabattable 1/3-2/3,
ceux du Multispace bénéficiaient de trois sièges indépendants de
taille identique et déposables. Astuce : quand le dossier du
siège central est rabattu, celui-ci fait office de tablette,
d’accoudoir et de porte-gobelet. Ce "Pack" comprend aussi des
tablettes de style aviation montées sur les dossiers des sièges
avant. Si ce " Pack Modularité - Modudop" vous intéresse, il
vous en coûtera tout de même 1.470 € !
Pour décrocher ses quatre étoiles aux
tests Euro NCAP, le "Nouveau Berlingo" n'a pas lésiné sur les
moyens : il peut ainsi recevoir jusqu’à 6 airbags, les ceintures
de sécurité à l'avant sont réglables en hauteur et à pré-tension
pyrotechnique avec limiteur d’effort. Pour les enfants, trois
fixations Isofix à trois points sont prévues sur les deux
assises des sièges latéraux arrière et sur l’assise du siège du
passager avant. Enfin, les passagers qui ont omis de boucler
leur ceinture de sécurité en seront désagréablement informés par
un signal de style "Luna Park"…
Sur route
Malgré les
multiples réglages du siège, la position de conduite reste typée
"camionnette" mais certains
l'apprécient, notamment les
personnes du troisième âge. Les commandes tombent bien en main,
le changement de vitesses exigeant toutefois d'étendre un peu le
bras, mais on s'y habitue facilement. Le siège dispose d’un
accoudoir repliable pouvant être déployé lors de longs trajets,
cependant, seule l'extrémité du coude peut y trouver un support
assez sommaire. Le volant peut être réglé en hauteur et en
profondeur mais n'a pas (encore) de moyeu fixe. Grâce à sa
position "dominante", la visibilité générale reste bonne.
Le bruit du
moteur HDi sait rester discret : il faut avouer qu'il a été
encapsulé. Malgré son volume, le Nouveau Berlingo est
étonnamment agile et profite pleinement des excellents trains
roulants provenant du C4 Picasso.
Naturellement, une tonne et demi à
déplacer ce n'est pas rien, mais les deux moteurs font preuve de
bonne volonté et le couple placé très bas pallie le manque de
puissance. Vu sa hauteur, la tenue de route du Nouveau Berlingo
ne vaut pas celle que l'on ressent au volant d'une berline de la
marque. Pour les Fangio, il faudra donc repasser mais ce n'est
évidemment pas la philosophie de ce véhicule (Citroën parle de "Zenitude").
Ce qui est évident, c'est que la version HDi 75 ch. sera plus à
l'aise en ville ou dans un relief non accidenté…
En ce qui
concerne la consommation, elle est très similaire, quelle que
soit la version choisie : environ 5,8 litres au cent km au terme
d'un parcours identique : ce qui est raisonnable vu le Cx
médiocre de l'engin. Quant aux rejets de CO2, le
constructeur les cantonne à 150 g/km pour les deux versions. A
noter en passant, que les moteurs HDi acceptent sans aucune
modification un carburant contenant jusqu’à 30 % de biodiesel.
Compte tenu de cette avancée écologique, il est dommage que
seule la version 110 ch. bénéficie du filtre à particules (FAP).
En conclusion
Perçu au départ avec un certain
scepticisme, ce concept a bien évolué et d'autres marques ont
suivi le mouvement. Evidemment, d'aucuns estimeront, et à juste
titre, que le Ludospace est un non-sens en termes d'encombrement
et d'écologie : il est volumineux et il consomme plus qu'un
break de même puissance. Acerbes, ils critiqueront cet espace
inutile au-dessus des passagers… Mais ils devront constater que
la Berlingo se vend, et se vend même très bien puisque Citroën
annonce en avoir vendu 1.760.000 unités depuis 1996 (toutes
versions confondues). Avait-il vraiment eu tort de lancer ce
concept ?
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