Toyota Auris Hybrid :
l’éducatrice
Texte : Alain
HOEBEKE
Toyota
a fait de l’hybride son cheval de bataille et a développé sa technologie sur un
grand nombre de modèles. Jusqu’ici, la Prius était la seule voiture « moyenne »
à disposer de ce système que l’on croyait réservé à une certaine catégorie de
véhicules.
Le prix d’un tel mode de propulsion et les avantages qu’on peut en retirer
sont en effet d’autant plus intéressants que la voiture est haut de gamme. Voilà
pourquoi dans un premier temps, c’est surtout Lexus qui a tiré son épingle du
jeu en déclinant le « H » sur sa gamme. Quand on a la chance de pouvoir s’offrir
une LS600 et qu’on peut baigner dans un luxe incroyable, profiter d’un moteur
généreux à souhait tout en limitant sa consommation de carburant et ses
émissions au niveau d’une voiture modeste, effectivement, pourquoi se priver ?
Mais voilà, tout le monde n’a pas 100.000 euros à mettre sur la route.
Toyota le savait déjà et travaille sans cesse pour mettre sa technologie à la
portée du plus grand nombre. .. Contraint et forcé car c’est sa seule issue pour
le constructeur s’il entend se positionner pour affronter les challenges de
demain.
Mettre l’hybride à la portée de tous est un vaste programme car deux
obstacles majeurs doivent être surmontés. Cette technologie n’est pas gratuite
et les résultats doivent supporter la comparaison avec des modèles « classiques
» qui eux aussi évoluent chaque jour. Les Belges le savent, eux qui sont friands
de moteurs diesel particulièrement performants et sobres.
L’Auris Hybride est capable elle aussi d’atteindre un seuil de consommation
particulièrement bas et par conséquent des valeurs
d’émission
particulièrement intéressantes. Dans les conditions que nous connaissons tous
les jours, sa moyenne évolue volontiers de 4 à 6 litres aux cent d’essence sans
plomb. Paradoxe, c’est sur le parcours autoroutier qu’elle consomme le plus car
là évidemment c’est le moteur thermique qui parle. En ville, et sur les petits
parcours interurbains par contre, l’hybride montre ses avantages et les chiffres
plongent.
Et voilà où l’hybride crée la polémique. Aujourd’hui, elle ne convient pas à
tout le monde. Si vous êtes un gros rouleur, ce n’est pas LA solution. Mais
quand on connaît la moyenne kilométrique des Belges, ceci ne concerne pas la
majorité d’entre vous.
D’un autre côté, les primes aidant, le tarif de l’Auris la met clairement en
concurrence avec les autres voitures de la même catégorie.
Pour le reste, l’Auris remplira avec bonheur toutes les missions qu’on
attend d’elle. Transporter la famille dans de bonnes conditions de confort.
Aller faire les courses et pourquoi pas partir en week-end. Côté comportement
routier, vous ne serez pas surpris de voir que le confort ait été privilégié.
Les suspensions sont souples mais globalement la tenue de route est très
satisfaisante. On s’habitue très vite au petit changement de vitesses de la
transmission automatique et même aux réactions du moteur thermique qui a
tendance à s’emballer si vous demandez un petit plus de puissance. Le seul point
que l’on aimerait voir repris en main concerne le freinage. Une pédale un peu
trop spongieuse donne parfois quelques sueurs froides.
Il faut toujours
un pionnier pour pousser le bouchon un petit peu plus loin et Toyota est
celui-là. Il a des arguments en sa faveur. Ecologiques bien sûr et qui dépassent
le cadre strict de la consommation et des rejets de CO qui y sont associés. Un
moteur
essence
ne pollue pas de la même façon qu’un moteur diesel (pas de rejet de particules
fines). Economiques ensuite lorsqu’on prend en considération l’octroi des primes
publiques.
Mais soyons clairs, rouler en hybride aujourd’hui n’est pas « une bonne
affaire », c’est plutôt un acte de foi.
Si vous croyez que cette solution est celle que vous souhaitez voir se
développer pour l’avenir de vos transports individuels, vous ne verrez aucun
inconvénient à l’insérer dans votre budget. Si vous êtes celle ou celui-là, vous
avez déjà franchi un pas vers l’automobile de demain. Vous ne vous formaliserez
pas de voir un « économètre » prendre la place du compte-tours et vous essaierez
de ne pas signer des chronos en lançant votre moteur vers les sommets de sa
plage de régime mais vous favoriserez plutôt une conduite plus souple, plus
orientée vers une consommation minimale.
Vous ne prendrez plus la voiture pour tous vos déplacements aussi petits
soient-ils. Vous repenserez votre mobilité… Finalement, quand on va au fond
des choses, c’est plutôt l’Auris qui vous apprendra à conduire différemment…
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