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Mis en ligne le 13/09/2005 - Texte : Daniel Hauret
- Photos : Marc Lebrun
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PEUGEOT 1007 |
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Une ligne séductrice, malgré un surpoids
Même
si les lois de l’aérodynamique sont claires et bien connues, les
stylistes s’accordent pour affirmer que tout n’est encore pas dit – ni
fait ! - en matière d’esthétisme automobile. Et loin de là !
Peugeot nous en donne un exemple imparable, bouleversant les traditions
en la matière jusqu’à dériver aux limites du raisonnable.
Intelligente, l’idée de remplacer les classiques ouvertures angulaires
des portes par un mouvement longitudinal ; malin de reprendre à son
compte une hauteur respectable de toit pour le confort des passagers.
Mais ?...
Pour un coup de promo, c’est un beau coup de pub ! Peugeot réédite
l’exploit enregistré au lancement de la 206 CC, ce coupé cabriolet qui a
repris l’idée ancestrale du toit rigide découvrable.
Mignonne, la 206 CC a séduit ; elle s’est répandue par milliers, même
dans les régions climatiquement peu favorables. C’est sans doute là
d’ailleurs qu’elle a déferlé le plus (à l’instar de tous les cabriolets
d’ailleurs) permettant à ses utilisateurs de profiter aussi souvent et
aussi longuement de climats pas assez cléments.
La 206 CC n’a pas fait que des heureux. Car au delà de son concept
malin, elle n’a pas pu masquer longtemps quelques défaillances en
utilisation quotidienne. Tels un manque de volume de charge, des rapides
dégradations à la finition (bruits mobiliers),… En attendant, Peugeot a
placé ses coupés-cabriolets, et s’est fait une belle pub roulante.
La 1007 semble devoir suivre ces mêmes traces. A l’instar de la 206CC,
1007 se voit de loin et attire les regards.
Particulièrement
des personnes du troisième âge qui y repèrent la facilité d’entrer et de
sortir, et la superbe garde au toit qui ne risque pas de décoiffer le
chignon de Madame.
Peugeot situe la 1007 comme une voiture urbaine idéale. Compacte (3,73
cm), elle se parque avec agilité. Et elle permet d’y accéder (et d’en
sortir) sans contorsion, puisque ses portes latérales glissent le long
des flancs arrière.
Mais – et ceci ne se remarque pas d’emblée – la technologie embarquée
permettant l’exercice coulissant des portes a son poids. La 1007 accuse
1,15 tonne. Pas légère, la belle !
Le souci se confirme par le choix mécanique de Peugeot entre deux
moteurs Otto et un diesel, tous compactes eux aussi, de 1.4 (Otto et HDI)
et 1.6 (Otto).
Le véhicule urbain idéal par ses dimensions ne peut éviter l’écueil :
une sacré gourmandise. Et cela, ce n’est pas… urbain, alors que le baril
de pétrole atteint 64 dollars !
Alors, que penser de la 1007 ?
Comme de tradition à Autopress, résumons-nous ainsi au gré de nos
étoiles.
µµµµ
Une ligne séductrice
Peugeot fait fort. La 1007 se voit de très loin, et
attire imparablement regards et commentaires. Impossible de passer
inaperçu en ville, dans le trafic autoroutier et à fortiori sur les
parkings de grandes surfaces. Haute, aux grands yeux (pardon, optiques
avant), avec de très grandes surfaces vitrées… Ajoutez à ceci la palette
de teintes elles aussi… accrocheuses de loin. Dans notre cas, le jaune
était de mise !
ÞÞÞ 14.000 Euros, est-ce raisonnable ?
Voiture de ville, sans doute ; voiture de jeunes, pas
vraiment, tant pour son concept que pour son prix : 13.990 Euros pour la
base des bases, 15.290 Euros pour la plus démocratique des HDI, et
jusqu’à 17.790 Euros pour les sommets, hors options bien sûr (prix
pratiqués en Belgique).
^µ Kit Caméléo (à prononcer avec
l’accent liégeois ?)
Petit attrait moyennant option financière : plusieurs éléments de la
décoration intérieure peuvent être remplacés en quelques clips, affaire
de renouveler le plaisir de séjourner à bord de la 1007. Plaisir
égocentrique puisqu’intérieur !
µµµµ^
Insonorisation mécanique
Superbe l’isolation de l’habitacle aux bruits mécaniques. Le moteur
reste discret, sauf quand on le fait grimper dans les tours avec le vœu
de lui faire enfin cracher les kilowatts.
ÞÞÞ Moteur 1.4 : qu’elle peine !
Peugeot situe la 1007 au rang de véhicule urbain. Aux
commandes du « moteur économique idéal » de 1,4 l (75 ch/118 Nm),
impossible pour notre part des descendre sous 8,6 l/100 km, avec une
moyenne très paisible de 9,5 l/100 km sur nos quelque 1000 km d’essai.
C’est vrai qu’il… peine, chargé de 1,15 tonne (à vide, soit jusqu’à près
de 1.600 kg en charge).
Dans la foulée, l’autonomie de la 1007 ne dépasse pas 400 km (moteurs
Otto) et 500 km (HDI)
µµµ Moteur 1.4 HDI
: ce qui lui faut !
Heureusement que Peugeot propose aussi la version turbo
diesel 1.4 HDI. Sans doute pas plus puissant, ce superbe moteur offre la
générosité de son couple, qui le rend à la fois plus brillant, plus
amusant, plus sûr et plus… sobre (moins de 6 l/100 km de moyenne lors de
notre essai). Et ce n’est pas un luxe ! A tout choisir, retenez cette
offre !
÷÷÷ Climatisation
obligatoire
Il n’y a pas de secret, un aussi vaste habitacle exposé
avec autant de surfaces vitrées exige la climatisation sous fortes
lumières. Et pas seulement sous le soleil et les climats chauds de
l’été. Hélas, le climatiseur exige de l’énergie pompée aux trop faibles
ressources du trop petit moteur Otto. Alors, avoir frais ou avancer, il
faut choisir ! Et le choix est double, la 1007 subit régulièrement de
petits coups de frein, chaque fois que le climatiseur est relancé.
µµµ÷÷ Espace
intérieur
La 1007 est conçue pour 4 adultes. L’accès à bord y est
facile ; on y monte plutôt qu’on y descend. L’habitacle est cependant
chiche en volumes de rangement, même si quelques espaces sont organisés
dans le plancher et sous les accoudoirs latéraux arrière (dont les
volets étaient déjà en état de décomposition lorsque nous avons fait cet
essai).
ÞÞ
Le revers
des portes coulissantes
Le « pompon » revient aux pochettes de portes qui ne sont accessibles
que… portes fermées. En l’absence d’autre compartiment accessible à
l’avant, c’est bien sûr là qu’on rangera les CD. Si, par malheur, vous
désirez les reprendre après avoir quitté le véhicule, il vous faut
ouvrir la porte, entrer dans le véhicule, fermer la porte, prendre les
objets recherchés, rouvrir la porte, sortir et enfin refermer la porte.
Quatre mouvements de portes, mouvements électriques donc consommateurs
d’énergie et… lents.
Et si par malheur, vous avez oublié de fermer les fenêtres
(électriques), il vous faut faire de même puisque les contacts
électriques se trouvent dans le bord avant de chaque porte, ce qui
impose de les avoir fermées pour être efficace !
Ravitailler ne peut se faire que porte conducteur fermée ; le portillon
de réservoir se trouve dans l’aile arrière gauche.
Sans oublier le fort recul des ceintures de sécurité avant ; contorsions
obligatoires pour les atteindre les boucler…
÷÷÷
Visibilité
panoramique
La technique des portes coulissantes exige une structure assez
envahissante, bien camouflée dans le cas des utilitaires, mais très
visible dans une mini-berline. Ainsi, l’intrusion des deux grosses
bosses aux bords supérieurs du pare-brise qui accueillent les supports
avant des portes lorsque celles-ci sont fermées.
Cette structure envahissante explique sans doute que les pare soleils ne
soient pas articulés autrement que « haut-bas ».
ÞÞÞ
Mini-coffre
Bon, d’accord, les deux sièges arrière glissent et modulent le volume
arrière. Mais ceci ne dégage que 178 litres seulement. A moins d’abattre
les sièges arrière pour profiter alors de 1048 litres.
ÞÞÞ Bruits mobiliers
Encore jeune, les 1007 1.4i et 1.4 HDI de cet essai étaient déjà victimes
de beaucoup de bruits mobiliers. Logique pour autant de pièces mobiles,
une coque largement découpée latéralement et aussi « chargée », dans un
aussi petit véhicule. Cela fait désordre !
ÞÞÞÞ
Confort de
conduite
Le mouvement des portes exclut totalement le montage d’accoudoirs. Vu la
position très élevée du volant, le conducteur ne sait comment reposer
(jeu de mot !) les bras, surtout sur longues distances.
ÞÞÞ
Confort
routier
Pas de miracle, la 1007 est une petite voiture. Son empattement court
génère une légère instabilité en ligne droite (sur routes rapides) ; la
sévérité de ses suspensions arrière, imposée par la masse de la belle,
laisse des traces au passage de petites dénivellations du revêtement. En
ville, pas de souci, sauf sur pavés bien sûr.
÷÷÷ÞÞFreinage
d’urgence
Maladie des petites voitures du groupe PSA, le système de freinage est
complété d’un amplificateur en cas de freinage d’urgence. En 2 mots,
cela signifie qu’une pression soudaine – pas même énergique – sur la
pédale augmente la pression dans les freins. Efficace pour « bobonne »
et « papy », la technique manque de finesse, bloquant les roues dans un
crissement intempestif si le conducteur agit trop rapidement sans pour
autant être en état de panique. Désagréable (pour les passagers, les
objets dans l’habitacle et la réputation du conducteur !).
^^Þ
Boîte « 2Tronic » facilité mais pas sécurité
Comme ses cousines de Citroën, la 1007 est disponible avec la
transmission séquentielle «2Tronic ». Facile puisqu’elle offre les
avantages des boîtes automatiques, la technique pêche par une grande
lenteur de fonctionnement. Les démarrages particulièrement demandent
trop de temps pour se faufiler en toute sécurité dans les trafics
denses.
µµ
Bonne
accessibilité moteur
Le capot plongeant offre un accès facile aux organes mécaniques vitaux.
Cela surprend alors que beaucoup de constructeur encapsulent leurs
mécaniques et réduisent les dégagements mécaniques.
Conclusion
Peugeot réussira sans doute son opération séduction ; la 1007 aura son
succès commercial, à l’instar de ce que fut le succès de la 206 CC.
Mais, sera-t-il de longue durée ?
La 1007 se voit de loin ; elle semble répondre à beaucoup d’attente de
citadins et plus encore de citadines. Jusqu’au jour où les nombreux
désagréments dus à son concept marqueront leur quotidien automobile.
Comme une consommation exagérée (pour le 1.4i), un sens pratique
rudimentaire,…
La
Peugeot 1007 en quelques chiffres
Structure : berline 4 places, 2 portes latérales coulissantes, ensemble
motopropulseur transversal avant
Moteurs :
1.4i : 1360 cm3, injection multipoint, 75 ch à 5400 tr/min, 118 Nm à
3300 tr/min
1.6i : 1587 cm3, injection multipoint, 110 ch à 5750 tr/min, 147 Nm à
4000 tr/min
1.4 HDI : 1398 cm3, turbodiesel injection directe, 68 ch à 4000 tr/min,
150 Nm à 1750 tr/min
Transmission : 5 rapports avant ; boîte manuelle ou robotisée
(séquentielle)
Suspensions : McPherson (avant) et essieu tortionnel (arrière)
Freins : disques (ventilés) et tambours ; ABS ; système BAS
Electronique de série : ESP, antidémarrage codé,…
Longueur/largeur/hauteur (mm) : 3731/1826/1620
Empattement/voie avant/voie arrière (mm) : 2315/1435/1434
Volume du coffre (l) : 178
Masse à vide (kg) : 1140 à 1216
Performances (1.4i/1.4i 2Tronic/1.6i/1.4 HDI) :
Vitesse maxi (km/h) : 165/165/190/160
0 à 100 km/h : 15,6/17,8/12,6/16,7
Consommations ECE (l/100 km) :
Ville : 8,5/7,9/8,6/5,3
Route : 5,2/5,2/5,4/3,8
Moyenne : 6,4/6,4/6,6/4,4
Réservoir (l) : 40
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