Pierre Laoureux : « Tous les accidents sont dus à
de bons conducteurs !»
Mis en ligne le 28/10/2007 - Texte :
Alain Hoebeke - Photos :
Isa Ferier
Il
a beau avoir 53 ans au compteur, Pierre Laoureux, le manager de
l’Ecole Peugeot de Maîtrise Automobile a toujours 20 ans, comme
son bébé l’Ecole Peugeot de Maîtrise Automobile. Un enfant qu’il
a porté sur les fonds baptismaux.
Comment l’aventure a-t-elle commencé : « C’est toujours un
concours de circonstances » nous dit Pierre « J’ai remporté la
Coupe MG Métro en rallye et le magazine « Echappements » m’a
consacré un reportage. A la suite de sa publication, j’ai été
appelé en France pour offrir mes services à une école de
pilotage ».
Si le rallye est sa passion dans les années 80, Pierre est avant
tout enseignant de formation. Mais il fréquente le milieu
automobile avec assiduité. Si vous avez chez vous quelques
anciens numéros du Moniteur de l’automobile, vous y retrouverez
régulièrement sa signature.
L’expérience française est le déclic qui va pousser notre pilote
à faire partager son expérience aux autres conducteurs « Avec ma
formation d’enseignant et mon expérience automobile, je voulais
ouvrir une école mais je trouvais le principe de l’école de
pilotage trop restrictif, trop précaire. Je voulais plus aller
vers le grand public » C’est ainsi que le nom « Maîtrise » prend
tout son sens. L’appellation est choisie et… « Dès le début
Peugeot m’accompagne dans cette aventure »
Evolution
De
Francorchamps à Nivelles, des stages sportifs à l’étude
comportementale du conducteur, l’EMPA a considérablement
évolué : « On a des cours étonnants aujourd’hui où l’on
confronte le conducteur plus à des situations de roulage qu’à
des situations de glisse. Statistiquement, les Belges sont des
mauvais élèves en terme de sécurité routière. Leur pire défaut
est de se surestimer. Tous les accidents sont dus à …de bons
conducteurs. Enfin, ils le croient.
Aujourd’hui les voitures beaucoup plus sures qu’il y a 20 ans.
Il faut donc plus agir sur le comportement du conducteur,
l’amener à prendre conscience que le temps de réaction et les
distances de sécurité sont des données essentielles. Le travail
du moniteur se tourne davantage vers le conducteur et moins vers
le comportement de la voiture. Aujourd’hui, par exemple, on va
de la théorie à la route au lieu de passer à la piste. Ce
n’était pas imaginable il y a 20 ans.
L’EPMA a donc encore de belles longues années devant elle
« Savez-vous » nous dit Pierre « que lors d’une collision
voiture – piéton, la plupart des gens entament le freinage bien
après avoir percuté le piéton ». A vitesse modérée (par exemple
50 km/h), si on est attentif (temps de réaction 1 secondes), il
faut au minimum 30 mètres pour arrêter une voiture. Si vous
longez une file de voitures en stationnement, cela
veut
dire que vous passez 4 voitures avant de commencer à freiner et
4 autres avant de vous arrêter totalement. C’est mathématique
mais bien peu de gens en ont conscience rappelle le responsable
de l’EPMA.
« Les accidents de la route sont la principale cause d’accidents
de travail en Belgique. En plus du bilan humain (blessures), il
faut encore ajouter un bilan financier souvent important (perte
de temps et de mobilité). Certaines entreprises l’ont bien
compris et offrent des stages à leurs employés pour diminuer
l’impact de ce type d’accident. Et il arrive souvent qu’après
être passés par un stage « entreprise », les proches de l’élève
débarquent pour un stage privé. L’interaction entreprise-privé
est très positive. »
Attentif à la conduite, Pierre Laoureux est également attentif à
l’évolution de la société. Ne cherchez pas plus loin la recette
de longévité de son entreprise.
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