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La Mazda3, plus affirmée que jamais…
Mis en ligne le 14/01/2010
- Texte : Benoît PIETTE
Déjà
dans sa mouture précédente, la Mazda3 présentait les traits de caractère
de sa grande sœur, la Mazda6. Actuellement, les similitudes sont encore
plus criantes : outre son comportement incisif et ses qualités
routières, le style évolue en lui conférant une allure plus expressive
voire plus agressive que sa devancière.
Deux versions
séduisantes
Avec un sourire de globicéphale , sa nouvelle calandre lui donne une
image plus affirmée que la précédente version. Sur la berline cinq
portes, les ailes arrière lui assurent une allure de catcheur. Quant à
la berline quatre portes, il faut reconnaître que ses lignes effilées
lui donnent l'air d'une mini Mazda6 (mon voisin s'y est d'ailleurs
trompé). Malgré leurs dimensions plus imposantes, leurs poids restent
constants voire diminuent. La rédaction d'Autopress a essayé les deux
versions de carrosserie avec deux motorisations : la 2,2 l turbodiesel
de 150 ch. à 3500 rpm et la 2,0 l DISI à injection directe d'essence
développant 151 ch. à 6200 rpm. Cette dernière est équipée d'un système
inédit de coupure du moteur à l'arrêt qui répond au nom de "i-stop".
L'intérieur
procure un sentiment d'espace, comme la Civic de chez Honda. La planche
de bord se voit rehaussée d'une seconde zone d'affichage centralisant
toutes les informations relatives à la conduite, au GPS, aux
informations audio ainsi que réglages divers et rappels. En ce qui
concerne l'écran du GPS, il est lisible à la condition d'avoir de bons
yeux… ou de bonnes lunettes. Toutes ces données étant accessibles via un
des nombreux boutons placés sur le volant.
Particulièrement bien fournies, nos Mazda3 offraient un système de
signalisation du freinage d'urgence (ESS), d'un contrôle dynamique de
stabilité (DSC), de l'antipatinage, d'une climatisation bizone, du
cruise control, de phares adaptatifs bi-xénon avec projecteurs
pivotants, du radar de parking, du rabattage électrique des rétroviseurs
extérieurs et d'un lecteur de CD compatible MP3 avec prise AUX (mais pas
d'USB). En outre, l'une était équipée d'une sono Bose® d'excellente
qualité et d'un GPS tandis que l'autre disposait d'un contrôle des
véhicules suiveurs (RVM / anti-angle mort) ainsi que d'un système "sans
clé" pour le verrouillage/déverrouillage et démarrage moteur.
Le frein à main, comme sa grande sœur la Mazda6, se voit déporté à
droite de la console centrale.
Quoique
durs, les sièges permettent de trouver facilement une position idéale de
conduite. Le volant et constellé de boutons, ce qui demande une certaine
adaptation. Comme dans toutes les voitures modernes, le montant du
pare-brise est volumineux. Sur la version cinq portes, la lucarne
arrière est plus large que celle de la précédente version et les
appuie-tête en forme d'étrier peuvent coulisser entièrement dans le
dossier arrière. En revanche, ceux de la version quatre portes sont
traditionnels et obstruent la lucarne arrière dont le verre déforme
aussi la rétrovision au niveau des fils de dégivrage.
Quant à l'habitabilité, elle est correcte. Le coffre de la cinq portes
propose une capacité de 340 l à 1360 l avec les sièges arrière rabattus.
A signaler que le coffre de notre exemplaire à sono Bose® se voyait
amputé de 40 l suite à l'installation d'un woofer dans le puits de la
roue de secours.
La version quatre portes présente un coffre régulier et profond de 430
l. A noter que le style "coupé" de cette dernière diminue la garde au
toit aux places arrière de plus de dix centimètres...
En matière de sécurité la Mazda3 nouvelle mouture a décroché les cinq
étoiles aux tests Euro NCAP, augmentant ainsi son score d'une étoile par
rapport à la version précédente testée en 2006. Les progrès réalisés
sont surtout au niveau d'une sécurité accrue du conducteur en collision
frontale.
Sur route
La
version cinq portes était propulsée par le nouveau moteur MZR-CD 2,2
litres "Standard" (Euro V). Certes, le MZ-CD 1,6 litre d'origine
Ford-PSA suffit déjà amplement, mais l'agrément du 2,2 l est sans
commune mesure : son couple développant un couple de 360 Nm de 1800 à
2600 rpm permet de ne plus tricoter avec le changement de vitesses et
ce, malgré des rapports particulièrement longs. Malgré le poids du
moteur, son agilité est étonnante. Sa suspension est ferme mais bien
amortie et la direction précise. Une rivale ? Ben… la Subaru Impreza 2.0
D nous vient à l'esprit. Au niveau de sa consommation, la Mazda3 sait se
montrer sobre : moins de 6 litres au cent est tout à fait possible ! Pas
mal pour un 2,2 l, mais sa grosse cylindrée risque de lui faire du tort
! Il est vraiment regrettable que la Belgique maintienne encore son
régime de taxations antédiluvien.
La version quatre portes était une version assez peu commune dans ces
temps aux relents de mazout : il s'agissait d'une version proposant un
nouveau moteur de deux litres à injection directe d'essence. Celui-ci
dispose
d'un système "stop & start" appelé "i-stop" dans le jargon de la firme
d'Hiroshima. Réservé généralement à de petits moteurs, ce système n'est
pas toujours actif : il suffit, par exemple, que l'air conditionné soit
engagé pour qu'il l'empêche de fonctionner…
Mais ici, Mazda propose un système plus perfectionné censé améliorer ces
inconvénients : le "i-stop" ne requiert l’intervention d’un moteur
électrique qu’au tout début de la phase de redémarrage. En fait, ce
système exploite les avantages de l'injection directe pour redémarrer.
Lorsque le moteur s’arrête, le module de gestion ne coupe le pas tant
que les cylindres aux temps "compression" et "détente" ne présentent pas
le même volume d’air. Seulement quand ces conditions sont remplies, le
redémarrage du moteur peut avoir lieu. Au cours de ce processus qui ne
dure qu'une fraction de seconde, l’un des cylindres reste donc sur le
temps moteur.
Ceci
est mis à profit à la phase de redémarrage lorsque du carburant est
directement injecté dans ce cylindre. L'explosion du mélange provoque
l’abaissement du piston. Conjointement, le démarreur produit une légère
impulsion supplémentaire sur le vilebrequin. L’effet conjugué de ces
deux actions permet un redémarrage extrêmement rapide du moteur (on
parle de 0,35 sec. soit pratiquement deux fois moins de temps que les
systèmes classiques).
A noter que la Mazda3 2.0 i-stop est équipée de deux batteries. La
batterie principale fournit l’alimentation générale tandis que la
batterie secondaire ne sert qu'exclusivement au redémarrage.
C'est bien la
théorie, mais quid en pratique ?
Et bien ça marche ! Le i-stop est beaucoup plus discret que la
concurrence et la consommation en ville est bien maîtrisée. Dans ses
essais, votre serviteur a traversé plusieurs fois Bruxelles avec
quelques Massey- Fergusson,
Fendt et autres Mann pendant les manifestations des producteurs de lait.
La consommation finale de l'essai s'est élevée à 6,7 l /100 km, ce qui
correspond aux 6,8 l au cent revendiqué par Mazda.
Bien sûr, nous avons adopté une conduite défensive et coulée… il est
évident qu'une conduite plus énergique produira des consommations de
l'ordre des huit litres au cent. Bref, le "i-stop" est plus qu'un gadget
pour les trajets strictement urbains, mais combien de citadins purs et
durs opteront pour un deux litres à essence ?
Il nous semble que tous ces procédés d'économie de carburant ne sont que
temporaires : tant que le moteur à explosion ne sera pas remplacé par un
autre mode de propulsion, il faudra se résoudre à ce genre d'artifice
pour tenter de gagner quelques décilitres de ce précieux carburant.
Quant au moteur lui-même, il faut lui reconnaître une grande élasticité
mais ce n'est qu'à partir des 4000 rpm qu'il se réveille vraiment de sa
relative torpeur. Reconnaissons que la démultiplication particulièrement
longue des rapports de boîte annihile en lui toute velléité sportive…
Conclusion
La Mazda3 est une réussite : des traits plus énergiques, des moteurs
dans l'air du temps, rien ne semble lui manquer. Ses tarifs raisonnables
lui permettront de facilement se positionner face à la concurrence.
Quant à la version quatre portes, longue de presque 4,6 m, elle pourra
peut-être même s'imposer comme choix face à sa grande sœur la Mazda6.
Cependant, il est fort à parier que ces deux versions ne seront que peu
choisies par les Belges : une taxation inadaptée pour la version diesel
ou une cylindrée de deux litres atypique en essence en seront
probablement les raisons.
Nos précédents essais sont disponibles
ICI
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