Remplaçant
feue la Nubira née Daewoo, sa tâche ne devrait pas être difficile : sa
devancière n'ayant pas marqué beaucoup les foules…
Avec son allure élancée mais restant sobre, elle intrigue et se
démarque des autres Chevrolet produites jusqu'à présent. A vrai dire,
elle est la première illustration du nouveau design de General Motors.
Dorénavant, celui-ci s'identifiera à une double calandre et - comme le
dit si bien Taewan Kim, vice-président du Centre de Design GM DAT en
Corée - "d'un coup de gouge concave bien marqué sur l’épaulement"… Bref
ce seront à l'avenir les deux caractéristiques principales qui nous
permettront de reconnaître les futurs Chevrolet.
Bien née
Chevrolet est une marque de l'Oncle Sam : pourtant la Cruze revendique
ses gènes européens ! Elle est la première Chevrolet à disposer d’un
châssis développé et testé sur les routes européennes.
Avec une rigidité torsionnelle en nette progression par rapport à la
Nubira, et l'utilisation d’aciers à haute limite élastique (HLE),
Chevrolet peut se vanter d'avoir avec la Cruze une coque qui correspond
aux canons en vigueur en Europe.
Cette
rigidité permet aussi à cette dernière d'être mieux isolée des
différents bruits comme ceux de roulement, de l'aérodynamisme et du
moteur. Il s'ensuit non seulement un plus grand confort mais aussi une
meilleure tenue de route et un bon comportement en cas de chocs.
Comme sur les voitures de haut de gamme, le moteur et la boîte de
vitesses sont montés sur un berceau avant est isolé de la coque par
l’intermédiaire de quatre silentblocs en caoutchouc.Ces efforts
technologiques ont été récompensés avec les résultats des tests Euro
NCAP qui l'ont gratifié de cinq étoiles avec mention très bien au test
du coup du lapin…
Notre choix s'est porté sur la Cruze LS 2.0 TCDi diesel dans sa
configuration 125 ch. Cette version fera certainement la part du lion
des commandes de la Cruze en Belgique. D'origine italienne (VM Motori)
ce moteur est agréable et ne claque qu'à froid. Il devient très discret
une fois monté à température.Proposée actuellement en berline quatre
portes longue de 4,6 m, elle dispose d'un coffre de 450 litres. Petit
détail gênant à son ouverture : quand il a plu, l'eau stagnant sur le
couvercle dégouline dans le coffre.
Un intérieur déjà vu quelque
part…
Le tableau de bord reprend en grandes lignes celui de l'Insignia, mais
il diffère par un choix osé de tissu et
de
plastique moussé apposés sur les deux côtés de la planche de bord qui
font rappel aux inserts que l'on retrouve sur les sièges et les
contre-portes. C'est très plaisant et diffère de la concurrence.
Espérons qu'avec le temps, ce tissu gardera son élégance originelle.
La console centrale abrite les commandes du système d’info/audio et de
la climatisation. Elle adopte cette forme fluide agréable à l'œil que
l'on avait découverte sur sa cousine germanique. La nuit, tout
l'ensemble s'éclaire en un bleu vert reposant.
Quelques options manquent à l'appel : des rétroviseurs à rabattage
électriques, des vitres à commande avec impulsions, l'USB, le Bluetooth
®, un vrai accoudoir central à l'avant et un peu plus d'espace de
rangement.
La place est suffisante pour quatre adultes. Les sièges sont fermes mais
maintiennent bien le corps. Cette
fermeté
nous a semblé plus grande aux places arrière : avis pour les longs
trajets ! A noter que la banquette arrière est rabattable 60/40.
Le volant à trois branches est réglable en hauteur et en profondeur et
contient des commandes pour le pilotage du système audio. Les
clignoteurs disposent de touche confort.
Notons que le régulateur de vitesse, l'allumage et l'extinction
automatique des phares ainsi que les essuie-glace avant avec capteur de
pluie ne sont disponibles que sur la version LT propulsée par ce même
moteur diesel mais en configuration 150 ch. En revanche, le GPS peut
être monté dans la LS 2.0 TCDi 125 ch.
Une tenue de route…
C'est ici que nous attendions la Cruze : ce n'est pas tout de concevoir
une jolie silhouette avec un habitacle sympa, il faut aussi que les
qualités dynamiques soient également au rendez-vous.
Hé bien, la Cruze nous a agréablement surpris : certes, ce n'est ni une
italienne au sang chaud ni une
propulsion
allemande, mais sa tenue de route est entrée dans le vingt-et-unième
siècle : confortable et souple celle-ci ravira le plus grand nombre
d'entre nous. En outre, le silence dans l'habitacle est surprenant.
Son moteur de 125 ch. suffit amplement et se réveille vraiment vers 1700
rpm pour délivrer finalement son couple maximum de 300 Nm à 2000 rpm, ce
qui correspond à 120 km/h en cinquième vitesse… Vous avez dit long ?
Cette allonge démesurée lui donne passagèrement un caractère lymphatique
(à 90 km/h en cinquième, le moteur tourne à moins de 1500 rpm !) En
revanche si un tempérament sportif sommeille en vous, vous vous
plaindrez d'une direction assez peu communicative, d'une suspension trop
souple et de freins pas assez puissants. Vous regretterez également le
choix des pneus (Hankook) : dans un virage pris à 70 km/h, votre
serviteur a cru revivre la série télévisée Starky & Hutch…
Côté
consommation, la Cruze fait mieux que se défendre : sur presque 900 km,
elle a brûlé un peu plus de 6 litres aux cent kilomètres pour un poids
d'une tonne et demie… Ce n'est pas mal du tout !
La Nubira n'était qu'un véhicule coréen adapté vaille que vaille aux
routes européennes. La Cruze, en revanche, est un véhicule étudié pour
les routes européennes, et cela se sent. Evidemment, ce n'est pas avec
une Cruze que l'on fera le rallye de Monte Carlo, mais ce n'est pas sa
vocation.
Elle est à vous pour un prix inférieur à 20.000 EUR, soit le prix d'une
compacte du segment C…
A part un concessionnaire Chevrolet dans la région, vous faut-il encore
d'autres arguments ?
Nos précédents essais sont disponibles
ICI
Haut de page