Faîtes le savoir.
Content ou mécontent de votre voiture ?
Exprimez-vous >
Carburants
Inauguration de la première station service hydrogène
autoroutière d’Europe
Mis en ligne le 04/06/2008 - Texte : Marc
LEBRUN
Total,
en partenariat avec BMW, à présenté ce mardi 3 juin 2008 la première
station hydrogène autoroutière d’Europe à Ruisbroek, le long de l’E19 en
direction de Paris.
L’ambition du groupe Total est de maîtriser et de réduire les impacts,
de contribuer au développement économique et d’anticiper les besoins de
demain. Afin de concrétiser cette ambition, Total à pris trois
engagements : amorcer, développer et agir.
L’hydrogène est à ce jour considéré comme l’un des carburants les plus
prometteurs pour le futur, et ce, pour différentes raisons. Il est
possible de produire l’hydrogène soit à partir de sources renouvelables
(énergie solaire ou éolienne), soit à partir de ressources non
renouvelables ou d’hydrocarbures.
Le principal intérêt de l’hydrogène réside dans sa capacité à produire
de l’énergie sans émettre de polluants ni de CO². De plus, il peut,
selon les cas, être utilisé soit dans un moteur à combustion interne,
soit dans une pile à combustible.
A Ruisbroek, l’hydrogène liquide est stocké à -253° C dans un réservoir
aérien. Il est acheminé sur le site via camions citernes au départ de
Rotterdam.
Petit lexique L’hydrogène
liquide ne s’apprécie pas en litres comme l’essence, mais en kilos. Un
kilo d’hydrogène équivaut ainsi à 3 kilos d’essence, soit 4 litres. Tant
qu’à demeurer dans les chiffres, la BMW 7 H2 consomme 3 kilos
d’hydrogène au cent kilomètres, soit 12 litres, mais ne rejette que 5
grammes de CO² seulement avec une motorisation V12 de 6.0 litres
développant 260 chevaux. Le réservoir, malgré sa présence envahissante,
ne permet cependant que d’embarquer 8 kg d’hydrogène, limitant ainsi son
rayon d’action à 200 kilomètres seulement. Ces véhicules disposent
toutefois d’un second réservoir d’essence d’une capacité de 74 litres
lui autorisant 500 kilomètres supplémentaires.
Du côté de chez BMW, on nous assure cependant que dans un avenir proche,
de nouveaux matériaux composites permettront de réduire d’un quart la
taille du réservoir afin de garantir une plus grande autonomie. On
évoque également une motorisation hydrogène quatre cylindres d’une
cylindrée égale ou équivalente à 2.0 litres développant près de 300
chevaux.
Inconvénients
Le premier aspect négatif est l’aspect volatile de l’hydrogène. Il faut
en effet compter sur des pertes dues au stockage, tant au niveau de la
station service que du transport ou encore du réservoir. En cas de non
utilisation, un réservoir plein ne vous autorisera plus qu’un parcours
de quelques 20
kilomètres au-delà de 16 jours environ. Dans ce cas de figure, il ne
sera donc pas trop judicieux d’entreposer le véhicule dans un sous-sol.
Autre point noir : le prix. Nos voisins allemands ont d’ores et déjà
fixé le prix de l’hydrogène à 8 € le kg, soit 2 € le litre. Selon les
spécialistes, son prix en termes de coût avoisinerait plutôt les 10 à 15
€ le kg, soit un peu plus de 3 € le litre.
Relevons également que le « pistolet » classique fait place à une
tubulure plus proche de l’aéronautique et que son maniement requiert
quand même quelques biscotos.
Le dernier inconvénient, et non des moindres, est son coût énergétique
en termes de stockage. Le maintien du carburant à une température de
-253° C, sa surveillance et sa liquéfaction ont un impact direct et non
négligeable sur le prix de vente.
En conclusion
Ne pas avancer, c’est reculer a-t-on coutume de penser. Il faut un début
à tout, aussi les recherches se poursuivent activement en ce sens. On
n’évoque plus la technologie Hi-Tech, mais plutôt la technologie
Green-Tec désormais.